PISA 2012 : la formation des enseignants, priorité des pays performants

Les performances de la France en mathématiques, sciences et compréhension de l'écrit ont baissé aux derniers tests PISA de l'OCDE. Les pays les mieux classés ont renforcé la formation des enseignants et l'attractivité du métier.

PISA 2012 Eric Charbonnier Sophie Vayssettes

Eric Charbonnier et Sophie Vayssettes, de la direction de l'éducation à l'OCDE, ont présenté les résultats de l'étude PISA 2012 à Paris.

La France a perdu 5 places au classement PISA 2012par rapport à 2003 : elle passe de la 13ème à la 18ème place sur les 34 pays de l’OCDE étudiés. Avec 495 points en mathématiques, elle perd 16 points par rapport à 2003 et se retrouve au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE. Elle se situe également dans la moyenne en sciences, avec un score stable depuis 2006. En compréhension de l’écrit, elle se place au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais revient à son niveau de 2003.

La performance des élèves français a donc stagné ou s’est détérioré en dix ans selon les compétences évaluée. Dans le même temps, les inégalités sociales et scolaires ne se sont pas améliorées. La France ne compte par exemple que 5% d’élèves résilients, c’est-à-dire issus de milieux très défavorisés mais qui se retrouvent dans le groupe des élèves les plus performants, contre 10% dans la plupart des pays asiatiques étudiés. Les élèves ont par ailleurs 2,3 fois plus de chances d’être en difficulté quand ils sont issus de l’immigration.

Les pays de l’Asie de l’est enregistrent les plus fortes progressions, combinées avec la meilleure équité sociale, et dominent le haut du classement, Shanghai en tête. Les élèves de Shanghai ont l’équivalent de trois années scolaires d’avance à 15 ans par rapport aux élèves français.

Priorité à la formation des enseignants

« Tous les pays les plus performants ou qui ont le plus progressé ont mis la formation des enseignants au cœur de leurs réformes », observe Eric Charbonnier, de la direction de l’éducation de l’OCDE. Il identifie quatre grands principes pour avoir de meilleurs enseignants : « Attirer, former, accompagner, retenir ».

Il faut se donner les moyens d’attirer les meilleurs étudiants vers la profession d’enseignants, avec une valorisation du métier et des conditions salariales attractives. A dépenses égales, « il est plus efficace d’augmenter le salaire des enseignants que de réduire la taille des classes » pour améliorer les résultats scolaires, souligne Eric Charbonnier.

Mais il faut également former ces professeurs. La plupart des pays performants ont abandonné la formation « consécutive » pour un modèle simultané (enseignement théorique et pratique professionnelle en alternance), comme le proposent les nouvelles ESPE. Ces enseignants doivent ensuite être accompagnés en début de carrière : seuls 17% des enseignants français disent avoir bénéficié d’un tutorat, contre… 72% en moyenne dans l’OCDE ! Enfin, des évolutions de carrière et une formation professionnelle continue doit leur être proposée.

Shanghai est un exemple de ces bonnes pratiques, et c’est la principale source de ses impressionnants progrès. Le système éducatif asiatique est certes différents, mais « beaucoup d’aspects de cette formation des enseignants pourrait être utilisés pour mener une réflexion en France », observe Eric Charbonnier.

Trouver des alternatives au redoublement

D’autres bonnes pratiques ont été identifiées par l’OCDE. Les pays les plus performants ont par exemple mis en place des politiques pour soutenir les établissements difficiles, avec des incitations pour que les meilleurs enseignants y travaillent. Des alternatives au redoublement sont instaurées pour les élèves en difficulté : travail en petit groupe, gestion de l’échec scolaire… « En France, le taux de redoublement est passé de 38% en 2003 à 28% en 2012, mais aucune alternative n’a été mise en place », remarque Eric Charbonnier.

La priorité est mise sur l’acquisition du langage dès la maternelle. Des évaluations internes et externes du système scolaires sont menées. Les établissements bénéficient d’une réelle autonomie, mais qui ne porte ses fruits que si elle est accompagnée d’une véritable coopération entre personnels. Les retours écrits des élèves, sur leurs enseignants et leurs cours par exemple, sont pris en compte. Les chefs d’établissement sont aussi largement formés, une formation qui peut atteindre une année complète dans certains pays.

Dans ces systèmes éducatifs performants, « on identifie les faiblesses des élèves et on les corrige : en France, on fait que les identifier », commente Eric Charbonnier.

3 commentaires sur "PISA 2012 : la formation des enseignants, priorité des pays performants"

  1. Falagar  3 décembre 2013 à 18 h 02 min

    Les élèves de Shanghai ont l’équivalent de trois années sco­laires d’avance à 15 ans par rap­port aux élèves français.

    le texte ne dit pas comment ils obtiennent ce résultat.Signaler un abus

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  2. L'équipe VousNousIls  4 décembre 2013 à 8 h 22 min

    @Falagar :
    Comme le précise l’article, les excellents résultats des élèves de Shanghai sont la conséquence des efforts considérables qui ont porté sur l’amélioration de la formation des enseignants et la correction des inégalités sociales.

    A titre indicatif, 39 points d’écart au score Pisa correspondent environ à une année d’étude d’avance ou de retard, a indiqué Eric Charbonnier lors de la présentation des résultats.Signaler un abus

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  3. marco  8 décembre 2013 à 19 h 14 min

    Le système s’est dégradé quand les surveillants qui étaient en bon nombre, ont disparu des établissements. Ensuite les contrats précaires des enseignants ne permettent de faire des projets pédagogiques à long terme. Le manque de formation du personnel en général ne permet pas d’arriver à des bons résultats..Signaler un abus

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