Etre maître de conf aujourd’hui

Face aux restrictions budgétaires qui contraignent les universités à réduire leur masse salariale, les enseignants-chercheurs doivent faire preuve de plus en plus de polyvalence.Témoignages.

Nancy Oddo, maître de conférences en littérature à Paris III

Nancy Oddo, maître de conférences en littérature à Paris III

Directrice adjointe du département de Littérature à l’université Sorbonne Nouvelle (Paris III), Nancy Oddo est maître de conférences. Spécialiste du XVIe siècle, elle anime cette année 5 TD de 35 étudiants. « En plus des 192 heures d’enseignement à assurer, le maître de conférences fait de la recherche et effectue des tâches administratives essentielles : les emplois du temps, l’organisation des examens et des cours du département, le recrutement des chargés de cours. Il touche en début de carrière environ 2 000 euros par mois », explique Nancy. Les difficultés financières des universités en France n’ont pas épargné Paris III, qui commence à réduire en conséquence sa masse salariale : « on emploie de plus en plus de vacataires et de chargés de cours. Les restrictions budgétaires empêchent la création de postes de titulaires. Pour un poste de maître de conférences, on reçoit plus de 150 candidatures », poursuit l’enseignante. Pour faire des économies, on gèle des postes et on embauche des ATER en CDD d’un an, en fonction des besoins. « Paris III a fait le choix de ne pas toucher à l’offre de formation à l’horizon 2014/2018, et je m’en réjouis. Néanmoins, les étudiants étant moins nombreux, les TD de latin ont dû être réduits », affirme Nancy, qui regrette les cours annualisés sur 25 semaines : « Aujourd’hui, je vois plus d’étudiants mais j’ai moins de temps à leur consacrer. Mes recherches passent au second plan depuis que je suis à la direction adjointe : l’enseignement prime et les charges administratives sont chronophages », conclut-elle.

Des effectifs réduits en sciences humaines

Agata Jackiewicz partage comme Nancy son temps entre les cours, la recherche et la coordination d’un Master. Maître de conférences HDR (habilité à diriger des recherches), directrice des études et responsable d’un parcours recherche en Master d’Information et Communication à Paris-Sorbonne (Paris IV), Agata est spécialisée en linguistique informatique et aspire à un poste de professeur. Elle s’occupe de 5 CM/TD en Master « Informatique et ingénierie de la langue pour la gestion de l’information » et en LFTI (Licence de Langue française et techniques informatiques). « Pour le moment, Paris-Sorbonne n’est pas touchée par les mesures de rigueur appliquées à d’autres universités », indique-t-elle. « Au quotidien, notre défi est de faire travailler et progresser ensemble des populations d’étudiants très hétérogènes : scientifiques et littéraires, formés en France ou à l’étranger, aux acquis inégaux et aux motivations diverses. On doit donc s’adapter en permanence », explique Agata. « J’ai la chance d’avoir un bureau pour travailler : cela me permet d’accueillir mes étudiants à toute heure du jour », poursuit-elle. Soucieuse d’assurer davantage de visibilité à ce parcours pluridisciplinaire, dont la nomenclature officielle n’est pas tout à fait transparente pour des futurs étudiants, l’enseignante souhaiterait en augmenter les effectifs (cette année, 24 étudiants sont inscrits en Master) et en améliorer le taux de réussite.

Serena Benassù

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