Discussions sur le métier enseignant : pétition des profs de prépas contre les propositions de Peillon

Des associations de professeurs de classes préparatoires et des syndicats ont lancé une pétition contre les propositions de Vincent Peillon sur la pondération des heures d'enseignement.

Une pétition contre les propositions de Vincent Peillon sur le système de pondération des heures d’enseignement a été lancée par des associations représentatives des CPGE et par les syndicats Snes et Snalc.

Retrait de la pondération

« Pour la grande majorité de ces professeurs [de prépas], ce nouveau mode de calcul aurait en effet pour conséquence de réduire du jour au lendemain leurs rémunérations », explique la pétition, tandis que « pour d’autres, la conséquence serait l’obligation d’assurer davantage d’heures, dans les mêmes proportions, sans aucune contrepartie financière ». Le texte demande « que la proposition d’une pondération unique et inadaptée […] soit retirée, et qu’une négociation effective permette une prise en compte juste du travail et des qualifications des professeurs de CPGE ».

La pétition a récolté plus de 10 000 signatures.

Une perte de salaire pour les enseignants de CPGE

Vincent Peillon avait proposé la semaine dernière, dans le cadre des discussions sur le métier enseignant, de mettre en place un système de « pondération » permettant aux enseignants de ZEP de bénéficier d’une décharge horaire. En CPGE, la pondération des heures d’enseignement serait de 1,5 et les obligations de service des professeurs n’enseignant qu’en prépa passeraient à 10 h hebdomadaires. Elles sont de 8 à 11h actuellement selon la taille des classes. Certains enseignants « employés à la limite de l’ORS » dont le « service est de 8 heures sans heures supplémentaires » vont devoir « trouver deux heures supplémentaires, travailler plus sans être payés davantage », déplore Marc Even, président de l’Association des professeurs de premières et de lettres supérieures (APPLS). Et « un professeur effectuant actuellement 15 heures (8 heures d’obligation de service et 7 heures en heures supplémentaires) perdra un peu plus de 10 000 euros par an ».

Dans le cadre de l’ouverture des discussions ce lundi, Vincent Peillon avait évoqué les « conservatismes » des CPGE. Or pour Dominique Schiltz, du syndicat Snalc, « défendre son salaire, ce n’est pas du conservatisme ». Le syndicat estime que les enseignants agrégés ou de chaire supérieure effectuant tout leur service en CPGE risquent de perdre 6 à 20 % de leur salaire.

Une mesure de « justice » pour Vincent Peillon

Pour le ministre de l’Education nationale, il s’agit d’une mesure de « justice » et de « transparence ». « On met beaucoup moins d’argent public là où il y a pourtant les plus grandes difficultés, que là où il y a les plus belles réussites. Est-ce que c’est juste ? Ça ne l’est pas », a estimé le ministre sur Radio J dimanche. « Je dis qu’il faut que les choses évoluent et je veux le faire avec tout le monde ».

Source(s) :
  • AEF

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2 commentaires sur "Discussions sur le métier enseignant : pétition des profs de prépas contre les propositions de Peillon"

  1. chrisréac  26 novembre 2013 à 19 h 54 min

    Évidemment, tous ceux qui en ont s’accrochent à leurs avantages avec beaucoup d’hypocrisie dans les arguments censés les justifier… Bel exemple de civisme… Mais les profs de CPGE ne sont pas les seuls. Soyons objectifs de temps en temps. Comptons notre de temps de travail et soyons honnêtes…Signaler un abus

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  2. ThomasR  28 novembre 2013 à 0 h 11 min

    « On met beau­coup moins d’argent public là où il y a pour­tant les plus grandes dif­fi­cul­tés, que là où il y a les plus belles réus­sites. Est-ce que c’est juste ? Ça ne l’est pas. »

    Cette réflexion me déprime! Au contraire c’est dans l’ordre des choses :
    il est juste en train de dire qu’il veut investir dans un secteur qui ne rend rien, au risque de perdre une des seules choses de ce pays qui tienne à peu près la route ! Comme si on ne gaspillait pas assez d’argent…

    M. Peillon, votre ministère à publié ce document :
    http://media.education.gouv.fr/file/43/5/5435.pdf

    Il montre que depuis la création des ZEP en 1981 par votre prédécéssur Alain Savary, le nombre de ZEP n’a fait qu’augmenter et les moyens PAR ZEP n’ont fait qu’augmenter également. Là où les chiffres montrent des progrès concernant le retard à deux ans des élèves en ZEP, ils montrent que les élèves hors ZEP, s’améliorent encore plus… Il n’est donc plus à démontrer que les ZEP qui existent depuis 32 ans maintenant ne tiennent pas leur promesses ! Il faut résoudre les problèmes à la source au lieu de passer de la pommade !Signaler un abus

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