Dévoilé le 15 novembre par l’AEF, un document du ministère de l’Education nationale évoquant des axes de réforme de l’agrégation fait vivement réagir la Société des agrégés.

Des débuts de carrière au collège ?

Selon l’AEF, ce document sur « l’évolution des agrégés et la place de l’agrégation », remis à des inspecteurs généraux en novembre 2013, propose des pistes de redéfinition des « missions du corps des agrégés », sous forme de questions : « débuts de carrière, un parcours au collège ? » ou encore : « un corps de débouché pour certains certifiés (agrégation interne) ? »

Des interrogations sur la réforme du concours de l’agrégation sont aussi formulées : le ministère fait par exemple allusion au remplacement de l’épreuve « Agir en fonctionnaire de l’État » par une autre épreuve, ou à l’introduction d’un « entretien fondé sur un dossier construit par le candidat au cours des 4 semestres de son master ».

Un « volet professionnel » dans la formation des agrégés

Si le ministère indique vouloir « conserver une formation de haut niveau appuyée sur les masters recherche« , le document mentionne le développement d' »un volet professionnel adapté à ce corps » des agrégés, avec la mise en place de « périodes de stages en établissement scolaire » d’une durée de « quatre semaines au cours du master ».

Sur son blog, la Société des agrégés prévient qu’elle « s’élèvera avec vigueur contre toute réforme visant à réduire la part disciplinaire dans le concours de l’agrégation et à calquer les épreuves sur un nouveau Capes vidé de sa substance ».

Même son de cloche au Snalc, qui estime dans un communiqué que « réduire la part de la formation disciplinaire dans la préparation des concours est une erreur et porte atteinte au niveau d’exigence qui fait de l’agrégation un concours de qualité ». Le syndicat rappelle que « les épreuves dites ‘professionnelles’ n’ont jusqu’à présent pas fait preuve de leur pertinence, loin s’en faut, et que l’on y a constaté de nombreuses dérives idéologiques ».

Si, d’après un blog Le Monde, le ministère indique que « la réforme de l’agrégation n’est pas d’actualité », et que le texte est un « document interne » de ses « services », la présidente de la Société des agrégés souligne que « l’an dernier, personne n’a vu venir la réforme du Capes. On est passé directement de pistes de réflexion à des textes précis ! » signale-t-elle.