2 millions de mères ont moins de 14 ans dans le monde

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) vient de publier son rapport sur "l’état de la population mondiale". Il met l'accent cette année sur les "mères-enfants", et le problème de leur scolarisation.

Grossesses précoces

Grossesses précoces © poco_bw – Fotolia.com

La grossesse adolescente est une réalité partout dans le monde et principalement dans les pays en voie de développement. Chaque année, 7 millions de filles âgées de moins de 18 ans mettent un enfant au monde et parmi les 7,3 millions de mères adolescentes, 2 millions d’entre elles ont 14 ans ou moins. Le rapport sur « l’état de la population mondiale » publié mercredi 30 octobre par le Fonds des Nations Unies pour la population a choisi pour thème « La mère-enfant : face aux défis de la grossesse chez l’adolescente». Accordant à ces jeunes filles de 14 ans ou moins une importance toute particulière, l’UNFPA expose les graves dangers qu’encourent ces adolescentes lors de la grossesse : risque de décès plus important que pour les femmes plus âgées, incidences sur leur santé mais aussi sur le plan social.

Une scolarisation plus longue diminuerait les grossesses précoces

Ces millions d’adolescentes tombent enceintes trop tôt et risquent d’abandonner l’école très jeunes. Afin d’éviter toute augmentation du nombre de ces naissances, la société doit venir en aide aux jeunes filles des familles pauvres, car si on en croit les chiffres, elles seront 3 millions à être maman d’ici 2030. Le Dr Babatunde Osotimehin, directeur exécutif de l’UNFPA, explique que la faute ne doit pas retomber uniquement sur ces jeunes filles : « la société rejette tout le blâme de la grossesse sur l’adolescente, alors que la réalité, dans la plupart des cas, est que cette grossesse n’est pas le résultat d’un choix délibéré mais au contraire d’une absence de choix et de circonstances indépendantes de sa volonté. C’est une conséquence d’un manque ou d’une absence totale d’accès à l’éducation, à l’emploi, aux informations et aux soins de santé de qualité. « 

Une scolarisation plus longue diminuerait alors les risques de tomber enceinte tôt. Comme le note le rapport publié par l’UNFPA, cité par au féminin.com , »L’éducation les prépare à l’emploi et à l’obtention de moyens d’existence, accroît leur estime de soi, relève leur statut, et donne plus de poids à leurs opinions dans les décisions qui affectent leur existence ». En plus de retarder la procréation, l’éducation réduirait aussi la probabilité de mariage précoce.

Une conséquence économique majeure

Ce problème de grossesse précoce, à l’envergure internationale, a aussi un impact économique important. Par exemple, comme l’indique le rapport de l’UNFPA, si les plus de 220 000 adolescentes mères du Kenya avaient été employées au lieu d’avoir enfanté, le revenu brut du pays aurait pu augmenter de 3,4 milliards de dollars par an.

Le Fonds des Nations Unies pour la population constate des chiffres inquiétants. Il propose des solutions efficaces : outre le fait de mettre l’accent sur la scolarisation des jeunes filles, la société doit mettre un terme au mariage d’enfants et favoriser l’égalité des sexes.

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