Un million et demi d’enfants vivent dans une famille recomposée

Selon une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée mercredi 23 octobre, un enfant sur dix en France réside dans un foyer recomposé. Cette situation familiale a-t-elle un impact sur l’école ? Analyse.

Scène de ménage

Scène de ménage © WavebreakmediaMicro – Fotolia.com

Les familles recomposées, c’est-à-dire les familles dont les enfants ne sont pas tous du couple actuel, occupent une part importante dans notre société. En 2011, 720 000 familles sont dans ce cas, soit 9 % des familles avec au moins un enfant mineur. Une récente enquête menée par l’Insee, montre parfaitement le visage de la France actuelle. Alors que 85% des enfants vivent avec leurs deux parents avant 4 ans, seulement 10% le sont à partir de 15 ans. Des résultats pouvant créer un déséquilibre chez l’enfant.

Une réelle souffrance

 

L’éducation est le plus gros défi auquel les parents sont confrontés : méthodes à suivre, valeurs à transmettre, règles à respecter… ceci est loin d’être une tâche facile en particulier pour ceux qui divorcent ou se séparent. Mais l’enfant reste le premier touché, surtout si les tensions persistent entre les parents séparés. Une souffrance bien réelle qui peut alors déboucher sur des mauvais résultats scolaires, des absences plus régulières à l’école, un comportement plus agressif… A cela s’ajoute du côté des parents de famille recomposée, une situation plus fragile sur le marché du travail, car ils sont souvent moins diplômés que les autres couples avec enfants.

Conscient de ce phénomène de société, le gouvernement commence à réagir, indique Le Monde.frCe lundi 21 octobre, Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la famille, a lancé les quatre groupes de travail chargés de préparer la future loi famille attendue en mars et dont l’objectif est d’adapter le droit aux nouveaux modèles familiaux.

Familles monoparentales : un risque d’échec à l’école ?

Les familles recomposées comme les familles monoparentales (ménage constitué d’un seul adulte et d’au moins un enfant) ne cessent de croître au détriment des familles traditionnelles. Une famille sur cinq est aujourd’hui monoparentale en France. Une étude portant sur plusieurs travaux aux Etats-Unis et aux Pays-Bas, citée par le bureau des études statistiques sur les élèves du ministère de l’Education nationale explique que le fait d’être dans une famille monoparentale peut avoir des conséquences négatives dans de nombreux domaines: conditions de logements plus fragiles et contraignantes, difficultés à vivre seul avec des enfants, risque plus grand d’échec scolaire…

Le cadre familial a donc une influence déterminante sur le parcours scolaire et la réussite des enfants. Auparavant, cette situation familiale était la conséquence d’un décès précoce d’un des parents, mais elle est désormais le plus souvent le résultat de la dissolution du couple. Comme l’a argumenté Paul Archambault, philosophe français, dans une étude publiée en 2002 par l’Ined (Institut national d’études démographiques), « la dissociation intentionnelle du couple parental avant 18 ans est systématiquement associée à une réduction des chances scolaires et de la durée des études ». Le redoublement et le manque de réussite d’un élève issu d’une famille monoparentale sont alors plus fréquents que pour ceux vivant avec leurs deux parents et cela quel que soit le milieu social.

 

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