Selon une étude américaine, l’impact financier d’un bon prof sur les futurs revenus de ses élèves, par rapport à un autre enseignant moins bon, est de 1,4 millions de dollars par classe. Cela représente en moyenne 1,6 % de hausse de salaire par élève, estime Corinne Prost, économiste, interrogée mi-octobre par Atlantico sur les résultats de cette étude.

Pour elle, l’étude « donne des arguments de poids » aux économistes de l’éducation qui pensent que ce sont les enseignants qui influent le plus sur la réussite scolaire, dans le débat qui les oppose à ceux pour qui « les meilleurs leviers sont du côté des moyens budgétaires, par exemple la taille de la classe ».

Et pour encourager la qualité des enseignements, l’économiste juge que « les chefs d’établissement devraient, d’une part, pouvoir se faire un avis sur la qualité pédagogique des enseignants, et, d’autre part, que cette compétence leur soir reconnue ». Aussi, ils devraient, « autant que possible, mettre les meilleurs enseignants face aux classes les plus difficiles », affirme-t-elle.

Pour Marc Gurgand, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’économie de l’éducation, « évidemment, on pourrait se débarrasser des mauvais enseignants, mais ce n’est pas si simple à objectiver et ensuite, juridiquement, politiquement et humainement, on ne sait pas très bien faire ». Il recommande donc plutôt de « donner aux enseignants des techniques d’apprentissage très formatées », ce qui, il le reconnaît, est « moyennement apprécié ». Pourtant, « il y a des choses qui devraient marcher, notamment pour l’apprentissage de la lecture, mais il faut un gros effort de formation », indique-t-il encore.