Jennifer

Jennifer

Dans l’Education Nationale, le terme de « contrat aidé » désigne le contrat unique d’insertion – contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) . Rémunéré au smic horaire, il s’adresse aux personnes éloignées de l’emploi et comprend 20h de travail hebdomadaire minimum pendant 24 mois maximum (sauf dérogations) (1).

Des missions variées

Jennifer Piquet, 27 ans, est employée en CAE pour la deuxième année consécutive dans un collège à Montpellier. « Après un an au RSA, j’ai postulé auprès de l’académie de Montpellier. J’ai passé un entretien avec deux professeurs et le représentant d’une association d’enfants handicapés et j’ai été recrutée. » Jennifer occupe un poste d’AVS, auxiliaire de vie scolaire, 20h par semaine et gagne 590 euros net. Elle aide et accompagne un enfant autiste 18h par semaine et participe à des heures d’aide collective. Les contrats aidés peuvent aussi être dédiés à l’assistance administrative des chefs d’établissement et directeurs d’école, à l’aide informatique, à la vie scolaire, à la cantine… Leurs missions sont multiples et varient selon les établissements.

Maëva

Maëva

Maëva Ricouard, 26 ans, a été embauchée en CAE comme médiatrice de réussite scolaire dans un collège de Perpignan. « J’étais chargée d’aider la CPE aussi bien pour gérer les appels que les absences. J’ai pu accéder à ce poste parce que j’habitais en zone d’emploi prioritaire », explique-t-elle. Embauchée en CAE pour 12 mois en 2008, son contrat a été prolongé 6 mois. Grâce à cette première expérience au sein de l’Education Nationale, la jeune femme est employée comme assistante d’éducation depuis trois ans. Même parcours pour Muriel Michelin, 52 ans et AVS dans la région nantaise. Après un CAE entre 2006 et 2009, elle a été embauchée sous contrat d’assistante d’éducation. « J’ai eu de la chance que mon expérience ait été reconnue par l’académie, ce n’est pas le cas de tous mes collègues », souligne-t-elle.

La formation, socle du retour à l’emploi

Une réussite car le principe des contrats aidés reste de former et d’accompagner les personnes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi. Une formation d’adaptation au poste est prévue même si elle n’est pas systématique, comme en témoigne Jennifer : « On m’a proposé une formation mais seulement 4 à 5 mois après ma prise de poste. J’ai surtout appris auprès des autres AVS. » « Je n’en ai jamais eu », confirme Maëva. Pourtant regrette Muriel, « sans formation ni accompagnement, le CAE ne sert à rien. On entre et on ressort pour aller à la case départ : Pole Emploi. »

Jennifer a accepté ce contrat avec une stratégie professionnelle : « L’avantage, c’est que j’ai du temps à côté de mon travail, ce qui me permet de continuer à chercher un emploi dans ma branche, l’ethnologie, et de préparer le concours de recrutement des professeurs des écoles (CRPE) . » Pour Maëva, la question est différente, « une fois le nombre de contrats maximum atteint, qu’est-ce qu’on peut faire après ? C’est bien, ça fait du travail dans l’immédiat, mais derrière, ça ne débouche pas forcément sur quelque chose… »


Julie Crenn