Un collège sans notes dans le Gers pour donner l' »envie d’apprendre »

Le collège Gabriel-Séailles de Vic-Fezensac dans le Gers a mis en place un projet pédagogique original : "Envie d’apprendre". Plus de notes, mais des pastilles rouges et vertes. Présentation.

Copies notées © Andrzej Wilusz - Fotolia.com

Copies notées © Andrzej Wilusz – Fotolia.com

La Dépêche du Midi consacre aujourd’hui un article à l’initiative pédagogique du collège Gabriel-Séailles de Vic-Fezensac, intitulée « Envie d’apprendre ».

Afin de ne pas perdre les élèves en cours de route, et de les décourager dès la 6ème, l’établissement, rural, comptant une majorité d’élèves de milieux défavorisées, a opté pour une méthode radicale : la suppression des notes.

Mais attention, suppression des notes traditionnelles ne veut pas dire suppression de l’évaluation. Au lieu d’une évaluation chiffrée, les élèves sont évalués « par compétence ».

Christelle Thiriet, professeur d’histoire-géographie, explique ainsi que « Les compétences que l’on évalue permettent au collégien de voir où il en est ». Il ne s’agit donc plus d’interroger les élèves lors de contrôles dont le but est d’obtenir une bonne note, mais de  » recentrer tous les élèves sur l’apprentissage et non le résultat« .

Car les notes ne sont pas forcément significatives : « Un élève qui ramène un 10 ou un 12 à la maison alors qu’il connaissait sa leçon par coeur se verra reprocher son manque de travail. Pourtant, on se trompe de diagnostic. Il ne lui manquait peut-être que les capacités en français pour exprimer ses connaissances », déclarait en décembre dernier à L’Express le directeur de l’établissement.

Envie d’apprendre demain dans Question d’éducation, sur France Info

Emmanuel Davidenkoff reçoit mercredi 23 octobre à 11h45 dans son émission « Question d’éducation » sur France Info, Christelle Thirier qui parle d’ »Envie d’apprendre ».

« Pas de compétition écrasante »

Le projet Envie d’apprendre, mis en place depuis 2010, stimule donc les élèves dans leurs apprentissages et leur permet de toujours améliorer leurs résultats en retravaillant la compétence pas encore bien acquise. « L’élève qui a échoué à la première évaluation n’est pas pénalisé par une ‘mauvaise note’ dans la moyenne, ce qui compte c’est ce qu’il sait faire à la fin du chapitre » lit-on ainsi sur le site du projet.

Ainsi, « les incidences [sont] nombreuses et positives pour les élèves en difficulté : pas de compétition ‘écrasante’ avec les autres mais une compétition avec soi, ses acquis et ses manques ».

Cette façon d’évaluer a également des répercussions positives sur les enseignants, car « l’évaluation se fait au-delà de sa discipline (l’histoire-géographie évalue aussi la maîtrise de la langue), l’ensemble des enseignants valide –au-delà de leur matière – les compétences sociales et civiques et évaluent l’autonomie des élèves. » Un véritable travail de groupe et en interdisciplinarité est ainsi mis en oeuvre au quotidien.

Alors les notes, abolies définitivement ? Non, car en 3e, elles font leur réapparition dans les bulletins trimestriels peut-on lire sur le site de l’établissement… La note, finalement, seule à pouvoir donner le la ?

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