ESPE : à la rencontre de deux tuteurs de stage

Tuteurs de stage à l’École supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE) de Paris, Philippe Coubetergues, professeur agrégé, et Sandrine Meylan, enseignant-chercheur, nous livrent les secrets d’un accompagnement réussi.

Sandrine

Sandrine

Formateurs de longue date, Philippe et Sandrine coordonnent respectivement les domaines d’enseignement d’Arts plastiques et de Sciences de la Vie et de la Terre à l’ESPE de Paris. Philippe partage son temps et son énergie entre l’enseignement et la critique d’art. Sandrine jongle entre les cours et la recherche au Laboratoire d’Ecologie et d’Evolution de l’université Pierre et Marie Curie (UPMC). Ils accompagnent cette année dix étudiants en deuxième année d’ESPE , se destinant au premier et au second degré, dans leur première expérience professionnelle au sein d’une classe.

Philippe

Philippe

« Être tuteur signifie être curieux et ouvert à toutes les disciplines. Il faut trouver un réel
intérêt dans la polyvalence », affirme Sandrine. « Le tutorat comporte deux aspects principaux : en début d’année, on livre à l’étudiant des conseils pratiques à mettre en œuvre sur le terrain pour ensuite les construire ensemble, et on l’accompagne dans sa réflexion sur les compétences professionnelles qu’il acquiert au cours du stage. »

Un accompagnement transversal et une approche transdisciplinaire

« L’accompagnement de stage est par essence transversal et nécessite une approche transdisciplinaire », souligne Philippe. « Le tuteur aide ces jeunes contractuels à concevoir des situations de cours et à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent dans la gestion de la classe et l’organisation du travail, tout en les poussant à se saisir des enjeux réels de l’enseignement. » Philippe parle à raison de jeunes contractuels : à partir de l’année prochaine, le stage effectué à mi-temps par les étudiants en deuxième année de MEEF sera rémunéré à hauteur d’un plein temps. Un court stage d’observation est prévu en M1, année principalement destinée à la préparation du concours.

« Plus concrètement, le volume horaire que représente l’UE de suivi de stage en M2 s’élève à 24 heures par semestre », poursuit Sandrine. « Chaque tuteur prend en charge dix étudiants, toutes disciplines confondues, et assure un débriefing hebdomadaire de 2 heures avec chacun d’entre eux. » Pour les étudiants se destinant au premier degré, le tutorat porte essentiellement sur la polyvalence et s’appuie sur le référentiel des compétences du professeur ; en second degré, au contraire, l’accompagnement de stage prend davantage en compte les spécificités de transmission de contenus propres à une discipline.

Le résultat : un support permanent aux étudiants

Pour faciliter le passage en ESPE à la rentrée 2013, une année transitoire a été aménagée pour les étudiants encore rattachés au système des IUFM et devant passer les épreuves orales du concours d’enseignement à la fin de cette année. « Pour eux, l’année transitoire prévoit un stage « filé » à tiers temps (payé à mi-temps), qui les occupera un jour par semaine seulement, et deux stages « groupés » en cours d’année pour découvrir les autres cycles d’enseignement, d’une durée de 15 jours chacun », explique Philippe. « Même si leur présence dans une classe est limitée à une journée par semaine, on encourage nos étudiants à être autonomes et à imposer leur autorité. » En effet, les étudiants en stage gèrent seuls leur classe. Pour affronter au mieux cette épreuve, ils bénéficient d’un double accompagnement, assuré d’une part par le tuteur de stage, d’autre part par un maître- formateur : les deux suivent l’étudiant dans sa classe deux fois dans l’année scolaire.

L’implication des deux professeurs est palpable. Pourquoi ont-ils choisi le tutorat ? « Ce qui fait la richesse des formateurs et des tuteurs de stage en ESPE, c’est la diversité de leurs parcours et de leurs horizons. Le travail d’équipe nous permet de mobiliser des compétences complémentaires » confie Sandrine. Ce qu’elle préfère, c’est le contact avec les étudiants : « Les voir évoluer et expérimenter de nouvelles approches sur le terrain tout au long de l’année est enrichissant, aussi bien pour eux que pour nous ! » Philippe, lui, apprécie cet accompagnement plus individualisé avec les professeurs apprentis : « ce qui me plaît, c’est de leur transmettre mon expérience, leur montrer les gestes essentiels du métier », conclut-il.

 

Serena Benassù

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