Mustapha Abdelmoula est chercheur au Laboratoire de Chimie Physique et Microbiologie pour l’Environnement (LCPME) de Nancy et spécialiste de la spectrométrie Mössbauer. Cette technologie, qui a valu un prix Nobel à son découvreur Rudolf Ludwig Mössbauer, permet d’analyser les propriétés physico-chimique des matériaux à base de fer en les perturbant à l’aide d’un rayonnement radioactif.

Passionné par les mathématiques et la physique dès le lycée, Mustapha Abdelmoula s’est naturellement orienté vers la recherche. Après des études universitaires et une thèse à l’Université de Lorraine (Nancy), il intègre en 1997 le CNRS au LCPME.

Un spectromètre innovant qui fonctionne à basse température

Ce « spectroscopiste » a été récompensé en 2012 par le Cristal du CNRS, une distinction qui salue à la fois des avancées de la recherche et des innovations techniques. Le chercheur a en effet perfectionné la spectrométrie Mössbauer en développant un spectromètre qui fonctionne à très basse température. Cette réduction de la température réduit le chaos ambiant et encourage « l’ordre magnétique », qui permet des mesures plus précises.

Le principal champ d’application de ces recherches concernent les rouilles. L’oxydation du fer peut en effet être mesurée grâce aux spectromètres, et de nouveaux matériaux et alliages peuvent ainsi être testés sur leur résistance à la rouille. L’équipe du LCPME travaille notamment sur un projet avec l’Andra, organisme responsable de l’enfouissement des déchets nucléaires, pour concevoir des containers qui ne s’altèrent pas au fil du temps.