Conférence Snuipp enquête directeurs d'école

Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU, présente les nombreux documents qu’un directeur d’école doit rédiger ou remplir en un mois.

« Cela fait trop longtemps que les directeurs d’écoles bricolent et s’épuisent dans des tâches chronophages, alors qu’ils sont aussi souvent chargés d’enseignement et bénéficient rarement d’une aide administrative. » Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp-FSU (principal syndicat du primaire), « le seuil de tolérance est atteint ».

Selon une enquête menée par le syndicat(1) publiée aujourd’hui, les directeurs réclament davantage de temps pour mener à bien leurs tâches de direction (à 88%). Ils sont 73% à juger vraiment ou extrêmement prioritaire d’être exonérés des Activités pédagogiques complémentaires (APC), 71% à demander d’abaisser les seuils pour l’attribution de décharges et 68% à demander une décharge pour les écoles de moins de 4 classes.

« Moins de 1.000 directeurs sont totalement déchargés pour effectuer leurs tâches, alors que 17.000 directeurs d’école de moins de 4 classes enseignent tous les jours et ne bénéficient d’aucun temps pour les tâches de direction », souligne Sébastien Sihr. Il précise également que seuls « 15.000 postes d’aides administratives » existent aujourd’hui dans le premier degré, sur « 48.000 écoles ».

Allègement du travail administratif et revalorisation

L’allègement de la charge de travail administrative est aussi jugé très prioritaire (82,5%), ainsi que l’instauration d’une formation continue (82,5) et le recentrage des missions des directeurs sur l’animation pédagogique et la vie de l’école (73%). « Il faut redonner des moyens, redonner du sens à cette fonction indispensable au fonctionnement école », demande Sébastien Sihr. « Le directeur doit être avant tout animateur de la vie pédagogique de l’école, disponible pour les relations avec les familles, et pas un administratif écrasé sous poids de la paperasse. »

La reconnaissance salariale est également très importante, pour 84% des directeurs participants à l’étude. « Cette fonction est usante et mérite compensation et reconnaissance », affirme l’un d’entre eux. Actuellement, un directeur dans une école ordinaire de 5 à 9 classes ne bénéficie que de 284 euros net de prime mensuelle pour ses activités de direction, et d’un quart de décharge pour les effectuer.

Alors que des discussions vont bientôt s’ouvrir avec le ministère sur la question de la direction, Sébastien Sihr espère que ces revendications seront entendues : il demande à Vincent Peillon de faire un geste « sérieux et conséquent ». Il regrette par ailleurs que la réforme des rythmes scolaires ait relégué au second plan tous les autres sujets d’avancées possibles dans le premier degré : « on ne donnera pas la priorité au primaire tant qu’on laissera les directeurs au bord du chemin », estime-t-il.