Education : il y une « absence d’objectivité » dans l’évaluation des élèves en France (rapport de l’Inspection générale)

Un rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale dénonce le manque d'objectivité dans l'évaluation et la notation des élèves à l'école française.

D’après un rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale, paru en octobre, il y a un manque d’objectivité et de cohérence dans l’évaluation et la notation des élèves en France.

Des démarches « peu cohérentes »

« On ne sait pas ce qu’on évalue, les niveaux de performance ne sont pas définis, estime notamment le rapport. Il est impossible de savoir ce que maîtrisent effectivement les élèves et de comparer les résultats d’une classe à une autre, d’une école ou d’un établissement à un autre », relève-t-il, dénonçant des démarches « peu cohérentes » et des pratiques « le plus souvent individuelles et donc très hétérogènes ».

En primaire, c’est dans le « suivi quotidien » des élèves qu’il y a « la plus grande variation dans les outils d’évaluation ». En effet, on retrouve des divergences entre les « stratégies personnelles » d’évaluation des enseignants non seulement au sein d’un même cycle, mais parfois d’un même niveau. Le rapport met notamment en évidence l’utilisation répandue d’au moins 2 dispositifs d’évaluation en même temps (notation chiffrée, appréciation littérale, validation d’acquis…).

En revanche, les livrets scolaires « témoignent d’une plus grande cohérence pédagogique que le suivi au quotidien », souligne le rapport.

Au collège, le rapport souligne la prédominance de la notation chiffrée sur les autres modes d’évaluation, relevant toutefois quelques démarches « marginales » de classes sans notes.

Un cadrage « défaillant »

Une situation permise, selon le rapport, par un « cadrage défaillant », au niveau national comme local. En effet, au niveau national, il n’y a pas d’accompagnement des textes sur les livrets scolaires et le livret personnel de compétences, indique l’Inspection générale. Et au niveau local, « le rôle de chacun (recteur, DASEN, chef d’établissement, corps d’inspection, directeur, etc) n’est pas clairement défini ».

Ce constat s’appuie sur une comparaison avec cinq pays « ayant de bons résultats aux études internationales » (Québec, Corée du Sud, Finlande, Hong-Kong, Pays-Bas), qui ont « tous défini un cadre cohérent pour leurs évaluations », et en « affichent clairement les finalités ».

Les recommandations de l’Inspection générale

Le rapport préconise donc, outre la mise en place d’un véritable cadrage de l’évaluation, au niveau national et local, de « différencier évaluation formative et évaluation bilan pour mettre à la disposition des enseignants […] les outils de régulation pédagogique attendus et […] les indicateurs nécessaires au pilotage ».

Pour l’Inspection générale, il paraît également nécessaire de « faire évoluer les missions des professeurs« , en rapprochant les statuts des enseignants du primaire et du collège, afin d' »assurer la concertation, le travail en équipe pédagogique et aller vers l’unification de la scolarité obligatoire« .

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