Concours enseignants : les nouveaux CAPES à la loupe

Dans la droite ligne de la réforme de la formation des enseignants, mise en place depuis la rentrée, le contenu des concours a été rénové. Tour d’horizon des principaux changements qui toucheront le Certificat d’aptitude au professorat du second degré (CAPES) en 2014.

Classe de lycée

Classe de lycée © Alexander Raths – Fotolia.com

Exit les maquettes de 2009 ! Les étudiants en Master MEEF mention « second degré », c’est-à-dire les enseignants potentiellement en postes en 2015, passeront un CAPES d’un genre nouveau à la fin de leur première année. Les nouvelles maquettes seront en vigueur dès la prochaine session, lors des écrits organisés en avril 2014. Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon l’a répété : en créant les ESPE  et en refondant les épreuves des concours enseignants, il souhaite rétablir une véritable formation professionnelle. Comme lors de la création des IFUM en 1990, l’intention affichée est de déplacer le curseur vers plus de pédagogie, sans que cela se fasse au détriment des savoirs académiques.

Des épreuves professionnalisées

A quoi faut-il s’attendre avec ces CAPES nouveau format ? « Ce qui change fondamentalement, c’est qu’une partie des épreuves sont professionnalisées », explique-t-on dans les services du ministère de l’Education nationale, « on ne brade pas la discipline, mais sa maîtrise n’a pas pour objet de faire une leçon d’un niveau exceptionnel. Il est plus important de montrer que l’on sait transmettre un savoir à des collégiens. »

Le CAPES se déroule en quatre épreuves « plus professionnelles qu’auparavant », dont deux écrits d’admissibilité et deux oraux d’admission. Ces deux dernières épreuves compteront pour les deux tiers de la note. Si la première épreuve écrite est disciplinaire, la seconde ne l’est plus exclusivement : « il s’agira, d’une part, de mesurer le recul du candidat par rapport à un corpus de connaissances et, d’autre part, d’évaluer sa connaissance épistémologique de sa discipline. La discipline n’est pas une fin en soi, elle doit être une forme de détour pédagogique », précise-t-on dans les services. Concrètement, pour cette seconde épreuve, le jury peut par exemple choisir de soumettre des productions d’élèves aux candidats en leur demandant de réagir aux erreurs et de proposer des scénarios de remédiation.

Calendrier

Les inscriptions au CAPES sont ouvertes depuis le 10 septembre et jusqu’au 22 octobre 2013. Les épreuves se dérouleront début avril 2014, pour s’achever vers le 14 juillet.

Deux oraux axés sur la pratique

Les oraux seront également davantage axés sur la pratique du métier. Le premier durera 1h, après avoir été préparé pendant 3h. Il s’agira d’une leçon devant un jury (composé d’inspecteurs, d’universitaires, d’enseignants des premier et second degrés…), au travers de laquelle le candidat devra démontrer sa capacité à enseigner in vivo et à vulgariser ses connaissances, au bon sens du terme, en s’appuyant sur la formation théorique reçue en ESPE et sur les « 4 à 6 semaines de stage d’observation et/ou de pratique accompagnée » effectuées durant le M1.

Enfin, la dernière épreuve orale (1h) sera une étude de dossier, composé de documents disciplinaires ou didactiques. « On demandera au candidat d’avoir un très haut niveau de réflexion, de théoriser, dans le cadre d’une conversation avec ses pairs, en lien avec un objectif de cours. »

En réponse aux critiques sur l’équilibre entre théorie et pratique, on assure dans les services que la non maîtrise disciplinaire sera rédhibitoire : « Le zéro reste éliminatoire ! Et une note en dessous de 7/20 aux deux épreuves d’amissibilité condamnera la plupart des candidats. De plus, pour se présenter, il faut avoir validé la première année de Master, or le MEEF sera ambitieux sur les acquis » Autre grief : le nouveau CAPES de lettres représenterait un « danger » pour l’enseignement des langues anciennes. « C’est absurde ! », estime-t-on à la DGRH qui ne dément toutefois pas avoir couplé les CAPES de lettres modernes et de lettres classiques pour des raisons de rationalité économique. Néanmoins, « ceux qui se plaignent devraient nous remercier. Non seulement, le nouveau CAPES de lettres n’est pas une menace pour les langues anciennes, mais désormais, il est possible de valoriser en option le théâtre, le français langue étrangère (FLE) ou le latin. Ce n’est pas de notre faute si le vivier d’Hellénistes s’amenuise ! Grâce à la réforme, nous allons continuer de former des professeurs de lettres capables d’enseigner le latin. Les puristes peuvent regretter que tous les enseignants n’aient pas fait à la fois du latin et du grec, mais nous n’avons pas toutes les clés pour pallier cette tendance. »

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