Dans les pas d’un professeur d’ESPE

Stéphane Lelièvre, ancien professeur d’IUFM, est responsable du domaine d’enseignement des Lettres à l’ESPE de l’Académie de Paris. Malgré une rentrée "mouvementée", il reste optimiste. Rencontre.

Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre

Un quart de siècle d’expérience dans l’enseignement, ça s’appelle de la passion. Et de la persévérance. Stéphane Lelièvre a enseigné en IUFM pendant 12 ans. Initialement maître d’école puis professeur au collège, il passe le CAPES et l’Agrégation puis soutient une thèse en Littérature générale et comparée. C’est presque par hasard qu’il se reconvertit dans la formation, sur les conseils de son inspecteur. En poste à l’IUFM de Blois, il reprend ses fonctions à l’IUFM de Paris où il devient maître de conférences, jusqu’au 1er septembre 2013, date du lancement des ESPE. « J’ai vécu cette rentrée avec beaucoup de soulagement et d’espoir, mais aussi de stress », confie-t-il. « La réforme des ESPE s’est mise en place très rapidement. Les contenus des cours ne sont plus exactement les mêmes, nos fonctions en tant que formateurs ont également changé. Il a fallu bâtir les maquettes des nouveaux MEEF en extrême urgence avec les universités partenaires. Mais nous sommes déjà quasi opérationnels ! »

Un emploi du temps intense et fluctuant

Stéphane explique que les professeurs d’ESPE n’ont pas d’emploi du temps « type ». La base horaire des PRAG (Professeurs agrégés affectés dans le supérieur) s’élève à 384 heures annuelles, 192 pour les enseignants-chercheurs dont l’autre moitié du service annuel est dévolue à la recherche. Au cours de l’année, d’autres tâches viennent compléter les cours dispensés en M1, qui se concentrent désormais essentiellement sur la préparation au concours. Les formateurs assurent un suivi de stages, soit en première année 4 semaines d’observation dans une classe. A l’ESPE de l’Académie de Paris , ils participent également aux « Ateliers de pratique pédagogique », un espace de formation pour les étudiants, confrontés à une classe d’élèves et encadrés simultanément par un maître d’école et un professeur. Le M2, quant à lui, prévoit l’immersion totale des étudiants sur le terrain : un stage à mi-temps et une responsabilité complète face aux élèves. « Nous serons là pour les encadrer et leur fournir un accompagnement pédagogique lors de cette première épreuve sur le terrain, fondamentale pour les préparer aux aléas du métier », explique Stéphane. Le recrutement des formateurs de l’ESPE répond à ce même principe : « on préconise de recruter des enseignants du terrain, même si nous en avons et nous en avions déjà ! Ainsi, il y a des formateurs à temps « partagé » entre l’ESPE et leur établissement. Et en pratique, ce n’est pas simple pour eux de conjuguer leurs deux missions. »

De la collaboration avant tout

« On s’efforce de faire un peu de tout, tout le temps : enseignement disciplinaire, réflexion didactique, transposition pédagogique. » Pour Stéphane, harmoniser ces trois dimensions clés du métier d’enseignant est la base d’une formation réussie. « Cela nécessite une collaboration constante entre l’ESPE et ses partenaires. L’ESPE de Paris, ce sont en partie des formateurs de l’ancien IUFM mais ce sont aussi les inspecteurs, les IPR du second degré, les enseignants-chercheurs, les collègues universitaires. Nous sommes enseignants avant tout, et il existe une culture commune en ce qui concerne la connaissance de l’élève et les thèmes interdisciplinaires qui touchent à notre métier. » Professeur optimiste et engagé, Stéphane s’investit pour que tout se mette en place de façon harmonieuse, complémentaire et bénéfique pour les étudiants. Pour lui, l’ESPE est « une structure ouverte où chacun a une place à jouer. »

« La dimension professionnalisante de la formation a été accrue »

Son objectif de l’année ? Proposer une formation qui trouve un équilibre satisfaisant entre contenu théorique et mise en pratique. Les concours d’enseignement vont également s’inscrire dans cette logique. Fini les épreuves déconnectées du métier, où les critères d’évaluation se cantonnaient à la bonne orthographe et à la maîtrise des règles de grammaire. « A partir de cette année, les étudiants devront évaluer des copies d’élèves, analyser les erreurs, savoir établir un diagnostic et proposer des remédiations. Les épreuves orales du CAPES, par exemple, incluent la transposition de savoirs théoriques à un niveau de classe donné. Les étudiants sauront construire une séquence d’enseignement », conclut Stéphane, visiblement ravi d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’éducation.

 

Serena Benassù

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