Un site Internet permettant aux parents, enseignants et directeurs d’écoles mécontents des « ratés » de la réforme des rythmes scolaires à Paris d’exprimer leurs inquiétudes a été ouvert ce lundi. A l’origine du projet, la députée UMP et candidate à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet, qui dénonce les dysfonctionnements du réaménagement des rythmes et déplore qu’aucun dispositif de remontée des informations n’ait été prévu par la mairie.

Un site pour recueillir les critiques

Le site nosenfantsmeritentmieux.fr permet donc, après avoir sélectionné son école dans un menu déroulant, d’exposer les problèmes suscités par le retour à la semaine de 4,5 jours. Il propose plusieurs choix dans une liste à puce (« fatigue de l’enfant, encadrement insuffisant ou mal formé, qualité insuffisante des activités proposées« …), et un champ libre pour une description plus précise. Un deuxième champ de texte invite à formuler des propositions pour améliorer la situation.

Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a réagi lundi à cette initiative, estimant qu’il ne fallait pas « jouer sur les peurs » ni « exploi­ter [l’]émotion » provoquée par le retour à la semaine de 4,5 jours. « Il ne faut pas poli­ti­ser la réforme des rythmes sco­laires, et glo­ba­le­ment il ne faut pas poli­ti­ser ce qui tourne autour de l’intérêt des élèves », a-t-il déclaré.

Les écoles primaires parisiennes, des « cocottes-minute »

Jérôme Lambert, secré­taire dépar­te­men­tal du Snuipp75, a indiqué lundi lors d’une conférence de presse que suite à la réforme des rythmes scolaires, « la plu­part des écoles pari­siennes peuvent être sym­bo­li­sées par une cocotte-minute », où les dissensions entre parents et enseignants, et enseignants et animateurs se font de plus en plus ressentir.

Le secrétaire départemental n’a pas exclu la mise en place d’une action pour demander une suspension de la réforme des rythmes. « On déci­dera en fin de semaine », a-t-il indiqué. Cela « n’est pas sans poser de nom­breux pro­blèmes mais on se demande si ce n’est pas la seule solu­tion », a-t-il ajouté, évoquant les premiers résultats d’une enquête lancée le 16 septembre auprès d’écoles parisiennes. Selon Jérôme Lambert, « plus de 80% des réponses […] font état de l’anxiété et de grande fatigue géné­rées chez les élèves par l’organisation de la semaine ».