Emploi d’avenir professeur : « une excellente expérience mais j’arrête »

Mathilde Lefebvre bénéficie d’un des 18 000 Emplois d’avenir professeur (EAP) programmés par l’Education nationale d’ici 2015, pour permettre aux étudiants boursiers d’accéder aux métiers de l’enseignement. Elle juge le dispositif intéressant mais mal adapté aux MEEF.

Mathide Lefebvre

Mathide Lefebvre

Naturelle et souriante, Mathilde Lefebvre, 22 ans, étudie en ÉSPÉ à Créteil, en master 1 MEEF . Après six mois de contrat EAP , son envie de devenir professeur des écoles reste intacte mais l’étudiante avoue se sentir débordée : « J’ai décidé d’arrêter l’EAP à la fin de mon contrat, ce 30 septembre 2013, pour pouvoir assister à tous mes cours en ÉSPÉ et avoir la meilleure formation possible pour préparer le CRPE . »

Après deux années en licence de chimie et une troisième année en licence sciences exactes et naturelles (LSEN) à l’Université Pierre-et-Marie-Curie à Paris, Mathilde s’est dirigée vers un MEEF. « Je n’avais pas l’intention de postuler pour un EAP », confie-t-elle, « mais une amie, déjà EAP, ne m’en disait que du bien. Être rémunérée pour exercer mon futur métier m’a beaucoup motivée. 400 € par mois, plus la bourse, c’est attractif ! » Mathilde avait pourtant déjà des craintes qui n’ont pas tardé à se confirmer à la rentrée : « J’avais peur de ne pas avoir le temps de tout faire parce que 12h de travail par semaine dans un parcours universitaire prend du temps. Autant en L3 SEN, j’avais de nombreuses heures disponibles, autant en master c’est devenu mission impossible. »

« J’ai beaucoup observé »

Affectée dans une petite école de cinq classes, Mathilde a d’abord suscité quantité de questions : « Quand je suis arrivée, tout le personnel de l’école m’a demandé ce que j’étais censée faire. Peu de gens sont capables de dire en quoi consiste un EAP. » Sa tutrice, enseignante dans une classe de CE1, l’a prise sous son aile : « je ne fais pas 12h de cours, loin de là. Dans un premier temps, j’ai beaucoup observé la classe, son fonctionnement, les affichages. » Et peu à peu l’étudiante a pris de l’assurance et des responsabilités : « J’ai commencé à aider les élèves. Quand leur maîtresse allait en informatique avec une moitié de classe, je restais avec l’autre moitié et leur soumettais des exercices préparés par leur professeur. J’ai fait un cours de maths, assistée par la maîtresse, et deux cours de sciences en autonomie. J’ai aussi fait faire des exercices à une classe de CP pendant 45 minutes, un jour où leur maîtresse a dû partir à la suite d’un imprévu ». Mathilde a également été encadrée par les autres professeurs de l’école, n’hésitant pas à démontrer sa polyvalence : « J’ai aidé le directeur à faire des tâches administratives : relier des dossiers, trier les dossiers de la rentrée… J’ai un peu touché à tout dans l’école, cette formation est intéressante et l’expérience professionnelle qu’elle permet d’acquérir est un avantage considérable. J’ai appris à construire un cours ! », résume-t-elle.

Un dispositif bien adapté en licence

Au final, Mathilde juge le dispositif EAP « bien adapté aux horaires des étudiants de licence » mais inadapté en master, spécialement en MEEF : « pour poursuivre mon EAP, j’aurais été obligée de travailler en autonomie des cours, ce qui aurait représenté non pas 12h mais 48h de travail hebdomadaire… » Et d’ajouter : « Je trouve aussi dommage que les étudiants non boursiers ne puissent pas en bénéficier. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas boursier, qu’on n’a aucun mal à finir ses fins de mois ! »

2 commentaires sur "Emploi d’avenir professeur : « une excellente expérience mais j’arrête »"

  1. Leslie C  25 janvier 2014 à 11 h 45 min

    Il n’est pas tellement adapté aux horaires de licence. J’ai environ 20h de cours à environ 1h de distance de mon école. Sachant que les cours se terminent à 15h45 dans mon école il est très difficile d’y faire 12h ..Signaler un abus

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  2. Sophie  15 février 2016 à 16 h 36 min

    Bonjour.
    Je suis actuellement volontaire en service civique dans un centre social, qui me propose de renouveler mon contrat par le biais d’un contrat d’avenir (pas de professeur, nonobstant). Mais en parallèle, je souhaite poursuivre mes études dans un Master MEEF 1er degré. Je me demandais si cela était possible, et réalisable (du point de vue du temps, de la difficulté etc). Est-il préférable de le faire « normalement » (en semi-présentiel) ou à distance si c’est cumulé avec un contrat d’avenir ?
    De plus, je doute, peut-être à tort, de l’efficacité des cours à distance ? Quelqu’un saurait m’en dire davantage ?
    Merci à tous d’avance pour vos prochaines réponses.
    Cordialement.Signaler un abus

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