Rythmes scolaires : à Paris, « les enfants sont fatigués, désorientés »

Les premières remontées de la réforme des rythmes scolaires à Paris sont plutôt négatives. Tour d'horizon.

« Chaos », « désorganisation », « catastrophe » : Le Point, Le Figaro et Libération titrent de façon éloquente sur la réforme des rythmes scolaires à Paris.

« La catastrophe annoncée a malheureusement lieu » juge Jérôme Lambert, secrétaire départemental du SNUipp75 cité par Le Figaro.

Il dénonce « l’alternance de jours irréguliers« , les enfants finissant plus tôt, à 15h, deux jours dans la semaine, pour compenser leur venue le mercredi matin, et se sentant complètement déboussolés par cette nouvelle « arythmie scolaire ». Conséquence : les enfants sont « fatigués, désorientés et inquiets dès qu’on évoque la sortie des classes ».

Libération cite de son côté Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem, qui dans un communiqué, déplore « la grande désorganisation » qui règne à Paris. Elle dénonce le fait que les « ateliers » proposés aux enfants « ne répondent à aucun plan sérieux », « leur contenu étant trop souvent improvisé ». Elle observe par ailleurs que les enseignants se sentent « désorientés », et que globalement, « toute cette improvisation » fatigue personnels, enfants et familles.

« Pas deux jours consécutifs semblables »

Le Point de son côté, donne la parole à un directeur d’école maternelle parisienne, qui estime que « pour les enfants, c’est le chaos total ». En effet, « ils n’ont pas deux jours consécutifs semblables » : « le lundi, l’école se termine à 16 h 30, le mardi à 15 heures, le mercredi à 11 h 30… » De plus, « certains sortent à 15 heures, d’autres à 16 h 30, voire à 17 h 30… Et le ballet se poursuit jusqu’à 18 h 15 ! »

Les enfants sont également perdus au niveau pédagogique, car « un animateur n’a ni la même autorité ni la même approche qu’un enseignant, et les pistes sont brouillées pour eux ». Enfin, le directeur met en cause « la qualité des ateliers proposés », qui  » n’y est pas du tout ».

Pour le directeur, globalement, « l’école a été complètement désorganisée par cette réforme ».

Le ministre de l’Education nationale contrecarre ces critiques en répondant que cette réforme est faite « uniquement dans l’intérêt des enfants« . « On voit que pour les adultes, c’est plus difficile » ajoute-t-il.

Source(s) :
  • Libération, Le Point, Le Figaro, France 3

3 commentaires sur "Rythmes scolaires : à Paris, « les enfants sont fatigués, désorientés »"

  1. eporaph  26 septembre 2013 à 20 h 30 min

    Mes enfants sont crevés alors que nous les couchons à 8 heures. Merci mr le ministre !Signaler un abus

    Répondre
  2. rythm'Hic  28 septembre 2013 à 14 h 56 min

    Comment peut-on impunément s’armer d’œillères pour ne pas vouloir considérer la réalité et préférer l’idéologie, le dogmatisme au bon sens qui devrait en tous domaines prévaloir ? Quand les hommes laisseront-ils de côté leur égo pour savoir pratiquer l’altruisme et la raison.
    Depuis cette rentrée, enfants, parents, enseignants, éducateurs, animateurs sont perdus dans un dédale d’initiatives hétérogènes et alambiquées qui viennent chaque jour entraver ce que les professeurs ont tant de mal à mettre en place, à savoir, la sérénité, les repères spatiaux, temporels, règles, habitudes, droits et devoirs, rythmes, régularité, autant de préceptes qui font aujourd’hui défaut principalement dans les zones sensibles d’enseignement qui ne cessent de croître à l’instar des conditions sociales et économiques en berne.
    Les enfants sont chaque jour plus fatigués, énervés et ceci graduellement pour ne plus être aptes à la moindre attention.
    Cette réforme des rythmes scolaires ne sera réussie qu’avec des fonds substantiels dont nous n’avons pas hélas les moyens en cette période d’une situation économique plus que morose.
    L’école doit rester le théâtre des apprentissages conduits par les seuls enseignants. En aucune façon, celle-ci doit prêter ses locaux à d’autres intervenants pour pratiquer d’autres règles. Il s’ensuivrait la confusion, le marasme, le chaos. Alors oui pour les activités périéducatives mais en d’autres lieux. Alors, pourront s’instaurer d’autres codes, normes parfois différents de ceux pratiqués à l’école puisque lieux, disciplines, intervenants ne seront pas mêmes.
    Pour conclure, certes de façon hâtive, si l’on souhaite véritablement le bien de l’enfant, alors il faudra d’urgence préférer le samedi matin au mercredi pour respecter les évidences de la chronobiologie. Alors, je m’adresse à tous les maires de toutes obédiences politiques des 80 % de communes qui ont eu la sagesse de bien vouloir temporiser ce que l’on dénomme abusivement « refondation de l’école » de prendre toutes leurs responsabilités avant de s’engager vers la débâcle éducative programmée.Signaler un abus

    Répondre
  3. Fani  28 septembre 2013 à 21 h 47 min

    On ne pouvait que s’attendre à ce grand bazar. Les enfants vont se retrouver plus longtemps à l’école avec la demi-journée supplémentaire et après 15h avec des intervenants de qualité très divers. Pour ma part, je préfère que mes enfants soient encadrés par des professionnels enseignants qualifiés que par des animateurs. Ne serait-il pas plus simple de revoir l’organisation du rythme de travail avec les enseignants en allégeant les cours de la fin de journée (prévoir l’art plastique, l’EPS, la musique, la sécurité routière, bientôt la morale… après 15h). Et laisser le mercredi pour les activités encadrées par des animateurs ou intervenants qualifiés.Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.