Inscription en ÉSPÉ : deux étudiants expliquent leur choix

La plupart des aspirants enseignants viennent d’effectuer leur rentrée en École supérieure du professorat et de l’éducation (ÉSPÉ), ces nouvelles structures de formation qui succèdent aux Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Témoignages.

Enseignant © apops — Fotolia.com

« J’ai toujours voulu devenir enseignante », indique Célia, étudiante en ÉSPÉ dans le Rhône, « travailler avec de jeunes enfants et leur transmettre un savoir m’ont motivée ». Soucieuse de mettre le maximum de chances de son côté pour préparer le concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) , Célia s’est inscrite en première année de Masters Métiers de l’Éducation et de la Formation (MEEF), mention « premier degré », plutôt que dans un master disciplinaire : « l’an dernier, j’étais en troisième année de licence de psychologie. Je ne me suis pas posée la question de continuer en master psychologie. Dès que j’ai entendu parler du MEEF, alliant théorie et pratique et surtout quand j’ai appris qu’il préparait en grande partie au concours écrit et oral, j’ai foncé ! », indique l’étudiante, dont la rentrée a eu lieu ce lundi 16 septembre.

 

Un master « rassurant »

Etudiant dans le Var, Stéphane a fait ses premiers pas en ÉSPÉ une semaine plus tôt, le 9 septembre. Titulaire d’une licence STAPS obtenue après un bac S, il explique avoir hésité entre le métier de professeur de sports et celui de professeur des écoles : « mon frère et son épouse étant instituteurs, j’ai une idée assez précise du métier. La mobilité géographique a achevé de me convaincre : le CAPES  est un concours national et non académique comme le CRPE, ce qui constitue à mes yeux un frein. » Après quelques jours de cours, Stéphane juge le MEEF « rassurant » : « comparé à ce qui existait l’an dernier en IUFM, avec zéro stage pratique, c’est le jour et la nuit. C’est rassurant de savoir qu’on apprendra le métier en se confrontant au terrain. » Même s’il reconnaît appréhender un peu, en raison du concours qu’il faudra passer désormais dès la fin de la première année, il relativise : « la préparation du concours est le problème majeur, mais je ne m’inquiète pas trop car on peut le repasser ! D’ailleurs, il est rare de l’avoir du premier coup… » Le taux de réussite lors de la session 2012  du CRPE s’élevait à 26%, en hausse de 9 points par rapport à 2011 du fait du nombre de postes ouverts.

 

« Tous dans le flou »

Sereins, les étudiants en ÉSPÉ ? Pas totalement. Célia dit même ressentir un certain désarroi : « on a tous le sentiment d’être dans le flou. Les enseignants nous ont rassurés mais on sent bien qu’eux-mêmes n’ont pas toutes les réponses. On ne sait pas précisément sur quoi portera le concours. Je me suis procuré les annales de l’an dernier mais je ne sais donc pas sur quoi m’appuyer pour me préparer. » Son stress est d’autant plus grand qu’elle bénéficie d’un Emploi d’avenir professeur (EAP), dispositif d’aide aux étudiants boursiers : « c’est simple, je ne parle que de ça en ce moment ! Entre les 12h hebdomadaires de travail d’EAP que je dois assurer dans une petite école de cinq classes, le master à valider et le concours à préparer, ça risque de faire beaucoup ! » Ainsi, Célia a vainement tenté de négocier à la baisse le volume d’heures de son CDD, signé pour six mois et rémunéré au Smic. « De toute façon, je ne peux pas abandonner l’EAP. J’en ai besoin et c’est une opportunité qui pourrait se révéler déterminante. J’ai d’ailleurs été très surprise à la rentrée d’apprendre que dans mon ÉSPÉ, le MEEF n’inclut que trois semaines de stage la première année, c’est trop peu. »

Stéphane note en revanche que son emploi du temps en MEEF lui permettra de réviser le concours : « je n’ai aucune journée complète et plusieurs trous dans la semaine. »

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