Les écoles de Marseille, « des lieux de sérénité »

Dans le cadre d’un déplacement dans la cité phocéenne, ce lundi 16 septembre, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a fait des annonces en faveur de l’éducation prioritaire. Danielle Casanova, adjointe UMP au maire de Marseille en charge de l'Education, ne cache pas son scepticisme

A la suite de l’attaque à la voiture bélier d’un lycée, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a annoncé « un dispositif particulier de protection et de surveillance » dans  « quatre à cinq » établissements scolaires de Marseille. De quoi s’agit-il ?

Cette annonce ne concerne que le second degré. Par conséquent, je n’ai pas eu l’honneur d’être associée à la réflexion… Dans tous les cas, cela va dans le sens de ce que nous faisons déjà dans le premier degré : nous veillons notamment à remettre des concierges dans des loges pour surveiller les entrées des écoles. Pour cela, nous récupérons et nous réhabilitons les logements de fonction, autrefois occupés par les instituteurs. Résultat : 80% des écoles marseillaises disposent aujourd’hui d’un ou d’une concierge.

Est-il encore possible de transmettre des savoirs dans ces conditions de violence qui agitent les quartiers nord de Marseille ?

La réalité du terrain n’est pas celle des médias. L’incident de la voiture bélier est un épiphénomène. Grâce au travail des enseignants, qui font vraiment des prouesses, les écoles marseillaises sont des lieux de sérénité. Nous nous évertuons à essayer de créer une bulle autour des élèves, afin que les plus exposés aux violences dans leur quartier trouvent un environnement protégé et apaisé à l’école, en mettant en place des règles du mieux vivre ensemble.

Vincent Peillon précise que le décrochage scolaire a baissé de 38% à Marseille et promet une solution, « éducative ou professionnelle », pour « les élèves marseillais qui décrocheront » du système scolaire d’ici la fin de l’année. Ces promesses sont-elles suffisantes ?

Jusqu’à présent, nous recevons une liste d’élèves décrocheurs tout au long de l’année et nous n’avons pas d’autre solution que d’essayer de les remettre dans le droit chemin comme nous le pouvons. Toute initiative est donc la bienvenue pour régler le fléau du décrochage, sachant que 45% environ des enfants de nos quartiers défavorisés quittent le système scolaire sans formation. Mais si le ministre n’avait pas soliloqué lundi, j’aurais aimé pouvoir lui dire de concentrer les efforts sur les apprentissages plutôt qu’en dépensant 250 millions d’euros pour amorcer les nouveaux rythmes scolaires. Il y a urgence : 25% des élèves qui entrent en 6e ne disposent pas des savoirs fondamentaux ! Or l’organisation des activités périscolaires va nous coûter 20 millions d’euros cette année. Avec cet argent, je préférerais multiplier les coups de pouce en faveur des élèves en difficultés et que l’Education Nationale renforce la médecine scolaire et les réseaux d’aide psychologique face à la recrudescence de la tuberculose et des addictions de toutes sortes.

En janvier, vous expérimentiez la scolarisation des moins de 3 ans avec cinq classes. L’initiative a fonctionné ?

Cette initiative est très utile pour favoriser l’insertion des élèves issus de familles qui ne parlent pas ou maîtrisent mal le français. Nous avons donc ouvert sept classes supplémentaires à la rentrée de septembre, ce qui porte à 12 le nombre de classes qui accueillent les jeunes enfants, principalement en ZEP. Comme c’est la Ville qui, désormais, affecte les enfants de moins de 3 ans, et non plus les directeurs d’école, nous connaissons exactement le nombre d’élèves et de places disponibles dans chaque école. Ainsi, 1000 élèves de moins de 3 ans ont déjà été scolarisés à Marseille, soit un taux de scolarisation de 11%. Nous sommes donc en avance sur la feuille de route fixée par Jean-Marc Ayrault d’un taux de scolarisation des moins de 3 ans de 30% d’ici 2018.

Et allez-vous construire des écoles et des places supplémentaires, comme le souhaite Vincent Peillon ?

Nous n’avons pas attendu pour le faire : rien que dans les 2e et 3e arrondissements de Marseille, nous avons construit ou rénové totalement 12 écoles depuis l’an 2000 !

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