Le succès du modèle de cours en ligne ouvert au plus grand nombre (MOOC), popularisé entre autres aux Etats-Unis par la plate-forme Coursera, serait-il remis en question ? L’université de San José, qui dispensait ses cours sur la plate-forme de MOOCs Udacity, vient de suspendre leur diffusion.

Des taux d’abandon trop élevés

San José proposait depuis 6 mois 5 cours en ligne sur Udacity. Mais le taux d’abandon chez les étudiants inscrits était trop important : plus de 56 %. Il atteignait même 76 % sur certaines matières. Chaque cours proposé avait nécessité environ 400 heures de préparation.

Sur Coursera, seuls 10 % des étudiants inscrits à un cours en ligne le suivent jusqu’au bout. Encore plus inquiétant, 70 % des étudiants ne se présentent pas au premier cours du cursus pour lequel ils ont souscrit.

Manque d’interaction avec les enseignants

Selon les détracteurs du modèle, le taux d’abandon élevé chez les étudiants inscrits aux MOOCs serait dû au manque d’interaction entre les élèves et les professeurs. Il est en effet compliqué pour un enseignant en charge d’un cours en ligne, suivi par plusieurs milliers d’étudiants, de répondre aux questions de chacun d’eux.

Alors que les MOOCs connaissent leurs premières remises en question aux Etats-Unis, ils débarqueront en France à la rentrée avec l’Ecole polytechnique, qui proposera ses premiers cours ouverts en ligne sur la plate-forme Coursera. La ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a en outre annoncé en février dernier le lancement du projet France université numérique, dont l’un des objectifs est de mettre 20 % des cours des universités en ligne d’ici la fin du quinquennat.