Frais d’inscription illégaux à l’université : les accusations de l’Unef contestées

Plusieurs universités accusées de pratiquer une sélection des étudiants et des frais d'inscription illégaux par l'Unef ont remis en cause l'enquête du syndicat étudiant.

Les universités mises en cause dans le rapport annuel de l’Unef, publié hier, contestent aujourd’hui sur EducPros les affirmations du syndicat. Ce dernier accusait une trentaine d’universités d’opérer une « sélec­tion, par­fois très som­maire en fonc­tion de la série ou des notes du bac­ca­lau­réat » des étudiants, ainsi que de pratiquer des frais d’inscription illégaux.

Des accusations hypocrites selon Paris-Ouest

L’université de Savoie, accusée d’effectuer une sélection illégale des étudiants à l’entrée de 13 licences, estime qu’il y a « un véritable malentendu ». En effet, selon l’établissement, l’Unef a basé son enquête sur « des fiches présentant [les] licences qui indiquaient ‘bac S conseillé’ par exemple, ce qu’ils ont considéré comme ‘sélectif' ».

Pour  le vice-président CEVU de l’Université Paris-Ouest, université pointée du doigt pour les mêmes raisons, les accusations de l’Unef sont « d’une hypocrisie monstrueuse ». Les licences concernées, à visée internationale, nécessitent en effet un niveau minimum en langues, explique-t-il. « Plus de 7 000 bacheliers passent le test en avril. Tous ceux qui obtiennent le niveau ont leur chance, c’est ensuite le grand mystère d’APB« , déplore-t-il, affirmant ne pas sélectionner les étudiants, mais « simplement [s’]assurer qu’ils ont une chance de réussir ».

« Les 9 000 € correspondent à un plafond »

L’Institut natio­nal poly­tech­nique de Toulouse (INPT), particulièrement visé par l’Unef pour ses coûts d’inscription de 9 000 euros au « master ingénieur », se défend de pratiquer des frais illégaux. En effet, selon l’Institut, les « masters of sciences and technologies » concernés sont des formations « entièrement en anglais » et « destinées à des étudiants étrangers ». De plus, souligne-t-il, « les 9 000 € correspondent à un plafond : c’est un tarif de référence, modulé en fonction des accords de partenariat avec les universités étrangères, ou de l’excellence académique du candidat ».

De même, l’université de Grenoble 2, épinglée par l’Unef, publie aujourd’hui un communiqué pour expliquer « qu’aucun frais d’inscription illégal n’est perçu par l’établissement ».

La ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a pour sa part rappelé que « les droits d’inscription sont fixés nationalement par arrêté », et s’élèvent « hors cotisation étudiante à la sécurité sociale, à 183 euros pour une inscription en Licence, 254 euros en Master et 388 euros en Doctorat ». Elle précise en outre avoir « demandé que soit procédé à l’examen rigoureux des informations rendues publiques » par l’Unef, expliquant que « les recteurs seront saisis pour rappeler à l’ordre les universités qui sortiraient de la légalité ».

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