Enseignants : comment se sortir de l’embarras avec panache ?

Rares sont les enseignants à n’avoir jamais éprouvé de la gêne, voire de la honte, face à une situation incongrue devant leurs élèves. Témoignages.

Honte

Honte © HaywireMedia – Fotolia.com

Les enseignants constituent une source inépuisable de perles langagières . Il leur arrive aussi parfois de prendre des allures de clown. Au rang des gaffes les plus improbables, Paul (les prénoms ont été modifiés), un professeur des écoles isérois, se souvient encore avec effroi de ce matin d’avril où, en voulant extirper son agenda de sa sacoche, l’arrière de son pantalon s’est déchiré : « le bruit était terrible. Mais comme les élèves étaient en train d’entrer dans la classe, je crois qu’ils n’ont pas bien entendu. Du coup, j’ai envoyé un texto discrètement à ma femme pour qu’elle me rapporte un autre pantalon. Jusqu’à la fin de l’heure, j’ai essayé de limiter mes déplacements dans la classe et étonnamment personne n’a rien dit. » Perrine, professeur des écoles dans les Yvelines, estime que la gêne reste relative à l’école : « En primaire nous avons de la chance par rapport aux collègues du second degré, les enfants croient tout ce qu’on leur dit ! »

Des relents nauséabonds

Au collège en revanche, le moindre incident peut vite dégénérer. Lucie, professeure de français de 35 ans, en sait quelque chose. Elle a connu une après-midi cauchemardesque lors de ses premières vacations dans un collège sensible de la banlieue lyonnaise : « En plein cours, un des gamins hurle : untel il a pété, ça pue grave madame ! D’autres surenchérissent. J’évite le sujet en revenant au cours et je préviens que le prochain qui m’interrompt ramassera une punition. Soudain, une des fenêtres de la classe s’ouvre alors que c’est interdit : le parking des profs était juste en dessous et dans ce genre de classes, tout est susceptible de passer par la fenêtre, à la faveur d’une seconde d’inattention. Je leur intime l’ordre de la refermer. Mais la situation m’échappe : des relents nauséabonds me parviennent. C’est le brouhaha dans la classe. Je suis contrainte de les autoriser à rouvrir, à condition qu’ils restent calmes ! J’essaie de garder mon calme quand une gamine s’élance du fond de la classe jusqu’à moi en braillant quelque chose. De sa bouche s’échappe une gerbe de vomi qui s’étale jusqu’à mes pieds. C’est la catastrophe. J’envoie un élève chercher un surveillant qui regarde la scène, stupéfait. Dans ces cas-là, il est difficile de ne pas perdre son sang-froid. Heureusement, je n’ai revu cette classe que deux ou trois fois ensuite. »

Une petite culotte

Anne, prof d’anglais dans un lycée de la banlieue parisienne, a connu un épisode au moins aussi embarrassant mais plus amusant : « c’est à peine croyable mais je me suis mouchée dans une petite culotte en dentelles rouge devant une classe de seconde assez peu charitable. J’avais dû fourrer l’objet du drame intime dans ma poche en direction de la machine à laver et l’oublier. J’ai sorti le sous-vêtement de ma poche et, absorbée par mon cours, je me suis mouchée en trouvant que ce n’était pas très confortable. Médusée, j’ai d’abord regardé l’objet puis mes élèves et, en très grande dame, j’ai piqué le fard d’usage avant de remettre dans ma poche l’instrument de ma honte. Le plus curieux c’est qu’il n’y a pas eu un bruit et pas une remarque ! »

Clarisse enseigne quant à elle le français à des étudiants étrangers. Au début des années 2000, elle effectue son stage à la fac d’Irbid, en Jordanie. « Là-bas, les mœurs sont plutôt strictes. On nous avait bien prévenus que certains sujets étaient très tabous. Il fallait porter des vêtements couvrants, même par 40 degrés l’été, ne pas évoquer l’alcool, le tabac, les relations filles-garçons, etc. Et un beau matin en arrivant en cours, mon cartable se vide par terre : mes stylos se répandent au sol… de même que mes tampons hygiéniques ! » Les étudiants, très polis, se jettent aux pieds de l’enseignante pour récupérer ses affaires. « J’ai poussé un cri d’horreur qu’ils n’ont pas bien compris », confie Clarisse.

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