« Il est clair que le concours de professeur des écoles n’est pas Polytechnique », affirme aujourd’hui Didier Geiger, directeur de l’IUFM de Créteil.

Une exigence « loin » de celle des Masters recherche

Dans une interview publiée par l’Express, il s’inquiète « du niveau d’exigence qu’on pourra maintenir », alors que le seuil d’admissibilité du CRPE 2013 est tombé à 4/20 dans certaines académies. « Si l’on recrute des personnes dont le niveau est trop faible, on risque d’avoir des enseignants plus approximatifs et qui se formeront moins sur la durée » déplore-t-il.

Didier Geiger admet avoir « parfois du mal à comprendre les résultats ». « Ce que je sais, c’est que l’Education nationale considère ‘au niveau’ pour être enseignant des étudiants qui, pour nous, n’ont pas des compétences à la hauteur du Master ». Alors qu »‘on est loin, dans le Master enseignement, de l’exigence des Masters recherche », indique-t-il.

Un déficit de bons candidats lié au faible salaire à l’embauche ?

Estimant que « les étudiants qui s’orientent vers les métiers du professorat ne sont pas les meilleurs », il indique que « naturellement, les étudiants cherchent d’autres filières dans le privé où ils pourront se vendre mieux avec un meilleur salaire ». Selon lui, le déficit de bons candidats dans les concours de recrutement de professeurs serait lié à la faible rémunération des enseignants débutants. « Je continue de trouver scandaleux de recruter un enseignant à bac +5 avec un salaire autour de 1600 euros nets par mois », s’indigne-t-il d’ailleurs.

Il y a quelques mois, c’est le niveau des futurs professeurs certifiés qui avait suscité des inquiétudes, pour des raisons différentes, lorsque les maquettes du nouveau CAPES avaient été dévoilées. Un professeur en études his­pa­niques contem­po­raines déplorait notamment que la part dis­ci­pli­naire y soit réduite à un sixième de la note glo­bale d’admission, ce qui impliquait qu’un candidat obtenant 0/20 dans sa matière de spé­cia­lité pouvait devenir enseignant. Il avait à l’époque estimé que les futurs ensei­gnants seraient, « il faut le craindre, des ignares dociles ».