Comment faire aimer les arts plastiques ?

Tout comme l’EPS ou la musique, les arts plastiques ont tendance à être considérés par certains élèves comme une détente. Comment les intéresser, spécialement quand on enseigne dans des classes difficiles ? Témoignages d’enseignants.

Pinceaux

Pinceaux © Unclesam – Fotolia.com

Sans nier les difficultés, Bernard Fontaine, professeur au collège Jean Vilar de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), donne un tableau nuancé de ses cours : « j’exerce en ZEP (zone d’éducation prioritaire) pour la 5e année et mes élèves sont très demandeurs de découvertes culturelles. Ils sont ouverts et je n’ai aucun mal à les intéresser. » Avec, parfois, plus ou moins de réussite : « un jour, j’ai voulu faire étudier à une classe des dessins  de Victor Hugo, en lien avec leurs cours de français : à ma grande surprise, ça a fait un flop, ils n’ont pas du tout accroché. A l’inverse, j’ai présenté à des élèves de 3e les installations de David Mach ainsi que des anamorphoses et ça a très bien fonctionné ! Il faut s’adapter aux élèves et alterner les artistes incontournables avec d’autres moins connus. »

Participer à des concours

Joana, enseignante dans deux collèges niçois après deux années en ZEP, estime que les élèves en difficulté sociale « ont besoin d’une approche plus affective ». Pour les motiver, elle les fait participer à des concours : « j’essaie de créer une émulation, de multiplier les sorties culturelles, de les valoriser. » Et, paradoxalement, elle ne voit pas d’inconvénient à ce que son cours puisse être considéré comme une détente : « ça ne me dérange pas s’il y a de la motivation, le travail ne doit pas être une souffrance. » Contrairement à certaines idées reçues, elle remarque que « le mépris, qui vise parfois la discipline, est plus grand dans les établissements huppés. Sans faire de généralité, il n’est pas rare que des parents disent à leurs enfants qu’il faut surtout être bon en maths, en tolérant des mauvaises notes en arts plastiques. » « Les clichés ont la vie dure », regrette Stéphane, enseignant à Grigny dans le Rhône, « mais l’idée selon laquelle les arts plastiques seraient accessoires est en train de changer, notamment parce que nous pouvons maintenant nous appuyer sur l’épreuve d’histoire des arts », devenue obligatoire depuis 2011 au Diplôme National du Brevet en fin de 3e.

« La pratique est primordiale »

Selon Joana, il n’existe toutefois « pas de recette miracle » pour faire aimer les arts plastiques : « tout dépend de la manière dont on présente les choses, il faut trouver la bonne alchimie. J’ai déjà vu mes élèves se passionner pour les carnets de voyage de la Renaissance ou les tableaux de Pierre Soulages qui ne sont pourtant pas les plus faciles d’accès. L’important c’est de les mettre en action ! »Et pour pallier le manque de fournitures, Joana opte pour la mutualisation. Elle demande à chaque élève qui entre en 6e d’acheter un grand pot de peinture : « Ensuite, je gère le stock et ils n’ont plus rien à ramener pendant toute la durée du collège ! »

Partagez l'article

Google

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.