L’écart de salaire entre enseignants du primaire et du secondaire préoccupe l’OCDE

L'OCDE publie aujourd'hui "Regards sur l'éducation 2013", avec un focus sur les différences de statuts et de salaires entre les enseignants du premier et du second degré.

OCDE Regards sur l'éducation 2013 Eric CharbonnierAprès 15 ans d’exercice, un enseignant de collège gagne en moyenne 9% de plus qu’un enseignant de primaire. La France est l’un des pays où l’écart de traitement entre premier et second degré est le plus important, en 30ème position sur les 36 pays passés au crible par l’étude annuelle de l’OCDE « Regards sur l’éducation » publiée aujourd’hui.

Dans un tiers des pays de l’OCDE, il n’existe aucune différence sur le salaire statutaire des enseignants du primaire et du secondaire, c’est le cas par exemple en Corée ou en Angleterre.

Une réflexion sur le temps de présence en établissement

La question du nombre d’heures passées devant élèves est aussi soulevée par l’OCDE. Alors qu’un professeur des écoles passe actuellement 26 heures par semaine en classe, un professeur du secondaire certifié n’en doit que 18, et un professeur agrégé, 15. En moyenne, un professeur du secondaire gagne ainsi 59% de plus par heure devant élèves qu’un enseignant du primaire.

Les décrets de 1950, un vieux débat

L’ex-président Nicolas Sarkozy et son ministre de l’Education Luc Chatel avaient déjà milité pour une remise en cause des décrets de 1950 sur le temps de travail des professeurs. Une « erreur » selon Vincent Peillon, qui déclarait dans une interview de janvier 2012 qu’ »aucun pro­fes­seur du secon­daire ne tra­vaille 15 heures ou 18 heures, mais 37, voire 38 heures ».

Un récent rapport de la Cour des comptes a ravivé la polémique en mai dernier, en suggérant notamment l’annualisation du temps de travail des enseignants, dont la gestion serait laissée à la charge du chef d’établissement.

« Cela ne veut pas dire que les enseignants du secondaire travaillent moins que ceux de primaire », nuance Eric Charbonnier, analyste pour l’OCDE. Il rappelle toutefois que les décrets fixant les obligations de service des professeurs datent de 1950 : « il faudrait peut-être avoir une véritable réflexion sur ces statuts » et le « temps de présence en établissement ». Par exemple, « dans les autres pays de l’OCDE, l’aide au devoir ou l’individualisation de l’accompagnement se fait souvent sur le temps scolaire » dans le secondaire.

Des salaires français faibles mais peu impactés par la crise

Eric Charbonnier encourage par ailleurs une revalorisation des salaires dans le premier degré. Les professeurs des écoles français gagnent 11% de moins en début de carrière que dans la moyenne des pays de l’OCDE. Cette différence s’atténue en fin de carrière, mais il faut 34 années d’exercice en France pour atteindre le dernier échelon, contre 24 années en moyenne dans le reste des pays de l’OCDE.

Petite consolation, les salaires des enseignants français sont peu impactés par la crise, et sont restés stables à prix constants depuis 2008. En Grèce ou en Hongrie par exemple, les salaires dans le secondaire ont baissé de 16% entre 2008 et 2011.

La crise a provoqué une baisse des dépenses d’éducation dans un tiers des pays étudiés, mais la France se maintient sur ce chapitre dans la moyenne de l’OCDE, avec une augmentation de près de 5% des dépenses d’éducation depuis 2008. La dépense par élève atteint en France 5.500 euros au primaire, 8.200 euros au collège, et 11.200 euros au lycée.

Cet investissement est-il rentable ? L’OCDE apportera de nouveaux éléments de réponses en décembre, avec la nouvelle édition de son étude triannuelle PISA sur les compétences des élèves en lecture, mathématiques et sciences. En 2009, la France avait obtenu des résultats moyens, en 18ème position sur les 36 pays étudiés. L’étude avait aussi souligné l’incapacité de l’école française à corriger les inégalités sociales.

2 commentaires sur "L’écart de salaire entre enseignants du primaire et du secondaire préoccupe l’OCDE"

  1. sandrine  25 juin 2013 à 12 h 09 min

    Salaires et conditions de travail sont tellement dégradés que les postes aux concours ne trouvent plus preneurs, au moment où les effectifs d’élèves augmentent… Collégiens et lycéens vont manquer de profs – la pénurie déjà flagrante de profs remplaçants n’est qu’un petit avant-goût. L’OCDE comme la Cour des Comptes « oublient » qu’on n’arrive plus à remplacer les départs en retraite – quant à créer et pourvoir 60 000 nouveaux postes… Il faut revaloriser tous les métiers de l’enseignement – pas baisser de 20% le traitement de tous les débutants (PE, certifiés, PLP, CPE, agrégés) comme cela vient d’être décidé, contre l’avis du CTM…Signaler un abus

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  2. Paul  13 juillet 2013 à 18 h 44 min

    Étant également enseignant, ce qui est anormal ce n’est pas le salaire des professeurs certifiés, payés précisément 1 615.97 € en début de carrière, source officielle site juridique, ici : http://www.juristique.org/?p=2362 mais la différence avec les agrégés payés en début de carrière 2 018.81 €, source : http://www.juristique.org/?p=2368.

    Et ce pour un même travail, ah non, ce n’est pas vrai, les agrégés travaillent moins que les certifiés. Allez savoir pourquoi 🙁

    Une des aberrations des grilles de salaires de la fonction publique.Signaler un abus

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