156 portraits d’écrivains oubliés : livre questionnant

Eric Dussert consacre un livre aux écrivains oubliés, méritant pourtant d'être lus. Fabula vient d'en faire une présentation, ouvrant sur un vaste débat littéraire.

Denis Saint-Amand consacre une chronique, intitulée « Les oubliés de l’histoire littéraire en vignettes » (Acta Fabula, Notes de lecture) sur le site fabula.org, au livre d’Eric Dussert, « Une forêt cachée. 156 portraits d’écrivains oubliés » éditions La Table Ronde, mars 2013.

Dans ce livre, Eric Dussert, conservateur à la BNF, (voir son portrait par Pierre Jourde, sur le Nouvel Obs), infatigable découvreur et défenseur des écrivains injustement oubliés, redonne vie à 156 d’entre eux.

« Un texte qui mérite qu’un auteur s’emballe »

Son critère de sélection ? Il le donne clairement dans son ouvrage : « entreraient dans la cohorte les écrivains non réédités depuis plus de cinquante ans dont un texte au moins mérite qu’un lecteur d’aujourd’hui s’emballe ».

Alors à vous Philarète Chasles, Gustave Vapereau, Léon Frapié, ou encore le chevalier de Mouhy !

Si une large part est faite aux auteurs oubliés du 19e siècle et du 19e-20e, quelques pépites du 16e au 18e sont également à découvrir.  A noter, la présence dans ce livre d’auteurs souvent loufoques ou fantasques.

« L’ouvrage se révèle indispensable à tous les amateurs de curiosités littéraires » clame Denis Saint-Amand. Qui ajoute que « le projet d’Eric Dussert, inévitablement, engage aussi une réflexion sur les effets hiérarchiques générés par l’histoire littéraire. »

« Sans cesse rebattre les cartes de la littérature »

« Il faut sans cesse rebattre les cartes de la littérature » affirme de son côté Pierre Jourde, pour qui les livres d’Eric Dussert sont matière à réflexion.

« Cette question du panthéon littéraire, de sa légitimité, de la manière dont il se constitue, fait d’ailleurs aujourd’hui l’objet de nombreuses discussions, notamment à l’université, grand lieu, avec l’école, de perpétuation des valeurs littéraires » observe-t-il.

Pierre Jourde rappelle par exemple que Gérard de Nerval était considéré comme « un obscur fou littéraire » à la fin du 19e, et quasiment méconnu.

Plus récemment, on peut citer Alexandre Vialatte, méconnu de son vivant, et dont toute l’oeuvre -qui fit l’objet d’une redécouverte en 2011 à l’occasion des quarante ans de sa disparition- sera publiée à titre posthume.

Quels sont alors les arcanes déterminant le passage à la postérité ? Le débat est considérable.

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