Coup de tonnerre dans le monde universitaire : le 21 juin le Sénat a voté pour la suppression de la qualification nationale par le CNU des enseignants-chercheurs.

La Commission permanente du Conseil National des Universités (CP-CNU) a très vivement réagi dans un communiqué, dénonçant « cette décision prise sans aucune concertation avec la communauté universitaire » et se déclarant « scandalisé[e] par le vote au Sénat d’un amendement visant à supprimer la qualification nationale aux fonctions de maître de conférences et de professeur d’université ».

Le risque encouru, « en l’absence de cette évaluation des recherches et des dossiers de candidatures par le CNU » est « la propension aux recrutements localistes de candidats plus séduisants par leurs proximités ou dépendances relationnelles », s’indigne Jérôme Valuy, professeur de sociologie politique de l’action publique à Paris 1 Sorbonne Panthéon, cité par Pierre Dubois, dans une excellente chronique sur son blog EducPros « Histoire d’Universités« .

Une provocation inacceptable

Dans son communiqué, le CNU rappelle être en effet « un véritable contrepoids aux pratiques locales », et avertit que sans ce contrepoids, on aboutit à une « régionalisation » ou « localisation », générant inégalité de traitement entre les candidats et disparition de fait d’une politique scientifique nationale.

Même analyse du côté du Snesup, qui dans un communiqué intitulé « Non à cette provocation inacceptable !  » dénonce la suppression de la « garantie pour les établissements du niveau scientifique des futurs candidats et donc des futurs collègues ».

Alors que la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche vient d’être votée par le Sénat, la CP-CNU et le Snesup demandent instamment à la Commission Mixte Paritaire, à laquelle le texte de loi va être soumis le 26 juin, de retirer cet amendement.