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Quelles sont les nouveautés des épreuves de langues de la session 2013 du baccalauréat ?

Dans toutes les séries générales et technologiques, les langues sont désormais évaluées à l’écrit et à l’oral. Les oraux ont été organisés ces dernières semaines, en dehors de la période « officielle » du baccalauréat. Parfois une certaine harmonisation académique a été mise en place pour organiser les dates de passage, comme dans l’académie de Rennes, mais ce n’est pas obligatoire. Des décalages existent donc entre établissements et entre académies.

En ce qui concerne l’écrit, les « sujets zéro » n’ont pas été publiés dans toutes les langues, et les modalités de composition sont inégales. Par exemple en allemand ou en espagnol, les réponses à la compréhension de l’écrit se font en français, tandis qu’en anglais il faut répondre dans la langue étrangère. Encore des incohérences.

Qui a la charge d’organiser les oraux ?

Ce sont les professeurs de langues qui ont la responsabilité de trouver des sujets de compréhension de l’oral pour les séries ES, S et technologiques(1), et de faire passer les oraux de compréhension et d’expression orales au cours de l’année(2).

Nous nous sommes réunis trois mercredis après-midis pour concevoir les sujets et résoudre les problèmes techniques posés par l’épreuve de compréhension (il faut un son parfait, par exemple). Nous avons fait tout cela gratuitement, sur notre temps libre.

Les élèves sont donc évalués par leurs propres professeurs à l’oral ?

Cela peut arriver. Dans mon lycée, nous avons choisi d’échanger les élèves, mais rien n’empêche un professeur d’évaluer sa classe. Les consignes publiées au Bulletin Officiel sont suffisamment floues pour que toute l’organisation puisse être restreinte à une classe : qu’un professeur élabore seul ses sujets, et fasse passer ses élèves à l’oral durant son cours. C’est une note d’examen et malgré la fin de l’anonymat, il faudrait garder un minimum de solennité. Cette note d’oral va tout de même compter pour 50% de la note finale.

Quels sont les changements dans la filière littéraire ?

En filière L, les élèves passent un oral terminal, évalué par des examinateurs extérieurs et organisé avant les épreuves écrites. Cet oral pose aussi problème : il peut durer jusqu’à 40 minutes d’affilée si le candidat a pris l’option de Langue vivante approfondie (LVA, ex-langue de spécialité) dans la même langue que sa LV1 et le nouvel enseignement de Littérature et langue étrangère (LELE), qui est un oral obligatoire de 10 minutes. Le candidat n’a que dix minutes de préparation pour enchaîner deux oraux qui comptent pour un coefficient 8 dans le cas où il passe l’épreuve de LVA ; c’est une épreuve lourde, qui mériterait une réorganisation.

La réforme des épreuves de langues est un héritage de Luc Chatel. Le nouveau ministère a-t-il été alerté sur ces problèmes ? Des mesures ont-elles été prises ?

La réforme Chatel a été appliquée sans être revue par le nouveau ministère. L’APLV (Association de professeurs de langues vivantes, ndlr) a pourtant soulevé ces problèmes lors d’audiences en juillet et en novembre 2012, mais ne semble pas avoir été entendue. La publication au B.O. de consignes imprécises et incomplètes a été suivie de la mise en ligne de nombreux guides sur Eduscol, apportant des précisions sur les points flous de la réforme et des rectifications bien utiles, mais souvent insuffisantes.

Quel est l’état d’esprit de vos collègues à l’approche des dernières épreuves ?

Les professeurs veulent être confiants, car le travail d’apprentissage a été fait malgré les modifications et les pertes d’heures d’enseignement déjà si réduites pour l’enseignement des langues. On a vécu l’année comme une course contre la montre pour aborder toutes les notions au programme. On attend les épreuves d’écrit avec confiance et on se dit que cela va bien se passer.

Le bac reste un enjeu de taille pour les élèves. Nous persistons à vouloir un baccalauréat national qui préserve l’anonymat des candidats. Nous verrons à la prochaine rentrée ce que l’on peut changer pour harmoniser les discordances.