Karine Etheve

Karine Etheve

Enseignante depuis dix ans près de Toulon, Karine Etheve se dit épanouie dans son métier. Au départ pourtant, cette ancienne étudiante réunionnaise imaginait plutôt poursuivre des études scientifiques. Arrivée en France métropolitaine avec un bac D et un DEUG de biologie en poche, elle décroche un emploi jeune, en tant qu’aide éducatrice, et met ainsi un premier pied dans l’éducation. « J’ai alors découvert la réalité du terrain et ça m’a beaucoup plu, surtout la relation avec les élèves. A cette époque, comme on nous proposait de passer un diplôme en alternance, j’ai opté pour une licence en sciences de l’éducation en deux ans », témoigne l’enseignante. « Je ne connaissais pas le statut de fonctionnaire, c’était vraiment la possibilité de transmettre mes connaissances qui me motivait. Comme j’ai eu la chance d’effectuer des études relativement longues sans problème, je me suis sentie comme investie d’une mission : aider les jeunes en difficultés à aller le plus loin possible. »

Selon cette institutrice, les aspirations des nouveaux enseignants ont évolué au fil des ans : « ils sont de plus en plus à avoir désormais conscience de l’aspect éprouvant de la profession », « il y a certes des périodes de vacances assez longues mais ils se rendent compte qu’elles sont largement méritées au vu des conditions de travail et des difficultés ».

Le frein de la mobilité

Pourquoi avoir préféré le primaire au secondaire ? « De manière très pragmatique », explique Karine Etheve, « mon entourage insistait sur la difficulté supérieure du CAPES, cela m’a dissuadée. Et puis pour une formation en alternance, devenir professeure des écoles était plus adapté. » La mobilité géographique figurait aussi parmi les freins : « quand on passe dans le secondaire, le diplôme est national. Par conséquent, on peut se retrouver nommé partout en France. Le fait que la zone géographique soit beaucoup plus restreinte dans le premier degré, m’a convaincue. Je ne me voyais pas enseigner à l’autre bout de la France. »

Après avoir « navigué » d’école en école pendant dix ans en tant que remplaçante, Karine Etheve aura en charge une CLIS à la rentrée prochaine : « je suis ravie car j’ai toujours voulu aider les enfants les plus en difficultés ! Et puis je n’aurai plus la frustration d’avoir à gérer une classe de 28 élèves comme ça m’est déjà arrivé. J’aurai désormais une douzaine d’élèves et la satisfaction de pouvoir m’appuyer sur un réseau de partenaires spécialisés. Ce sera plus confortable et conforme à l’idée que je me faisais du métier. » Convaincue qu’un bon prof doit prendre plaisir à enseigner, Karine Etheve n’a qu’un conseil à donner aux futurs professeurs qui hésiteraient à se lancer : « aller observer sur le terrain comment ça se passe ! Il ne faut pas hésiter à solliciter des accueils dans les classes. C’est le meilleur moyen de se confronter à la réalité du métier et de ne pas risquer d’être déçu plus tard. »