« Faux » étudiants boursiers : un phénomène qui inquiète les universités

L'augmentation du nombre d'étudiants inscrits à l'université uniquement pour toucher une aide financière préoccupe les établissements, qui dénoncent les conséquences sur leur taux de réussite en première année.

De plus en plus d’étudiants s’inscrivent à l’université dans le seul but de toucher une bourse attribuée sur critères sociaux, faussant les statistiques de réussite des établissements, dénoncent les présidents et professeurs dans le Monde ce lundi.

470 euros mensuels

Le ministère de l’Enseignement supérieur permet l’attribution d’une bourse de 470 euros mensuels aux étudiants aux ressources limitées, dont le versement est subordonné à leur présence aux examens et aux travaux dirigés. Ces « faux-boursiers » se présentent donc uniquement pour signer les feuilles d’émargement et faire acte de présence, sans intention de travailler ou de passer les examens.

Un phénomène en hausse

Si les « faux boursiers » ont toujours existé, l’augmentation de leur nombre ces dernières années inquiète les établissements.

A Montpellier, 700 étudiants seraient concernés sur 5 000, selon Anne Fraïsse, la présidente de l’université. « Nous servons d’assurance-chômage aux jeunes qui sont dans un état intermédiaire et qui ne trouvent pas de travail. C’est un problème social qui brouille l’image de réussite de l’université », déplore-t-elle dans le Monde.

Baisse des taux de réussite

Le phénomène touche particulièrement la sociologie et l’administration économique et sociale, à tel point que l’université de Perpignan a réduit le nombre de places au sein de ces filières pour limiter les abus. Son président s’alarme en effet des conséquences des « faux boursiers » sur les résultats de l’université. « Ces étudiants ne veulent pas travailler ! Et le système de répartition des moyens tient compte des taux de réussite en première année… », souligne-t-il. Dans son université, le taux de réussite en première année s’élève à 44 % pour l’ensemble des filières, mais chute à 15 % en AES et 29 % en sociologie.

Un comportement qui pose problème

Certains enseignants se plaignent, quant à eux, de la dégradation des conditions de travail consécutive à l’augmentation du nombre de « faux boursiers », qui perturbent parfois le bon déroulement des cours. « Auparavant, ils faisaient profil bas. Désormais, ils perturbent, sont agressifs, nous sommes dans un rapport de force constant. Certains vont jusqu’aux menaces physiques pour obtenir leur feuille d’assiduité semestrielle », dénonce une enseignante d’une université parisienne.

Source(s) :
  • lemonde.fr

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