Classe prépa : les élèves devront bientôt payer des droits d’inscription

Un amendement au projet de loi ESR mettant fin à la gratuité des classes prépas a été adopté jeudi par l'Assemblée nationale.

Un amendement PS au projet de loi ESR prévoyant l’instauration de frais d’inscription pour les élèves de classe prépa a été entériné jeudi à l’Assemblée nationale, contre l’avis de la ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso. Elle craignait que la mesure ne soit contraire au « prin­cipe consti­tu­tion­nel de gratuité ».

Une mesure qui rapportera « quelques millions d’euros »

Selon l’auteur de l’amendement, Vincent Feltesse, rapporteur du projet de loi, 51 % des élèves de classe prépa « ont des parents cadres supérieurs ou exerçant des professions intellectuelles » contre 30,3% des étudiants de l’ensemble des for­ma­tions de l’enseignement supé­rieur. Et « le coût moyen dépensé par la collectivité, par élève de classe prépa, est de 15 240 euros par an, contre 8 080 euros à l’université« . Cette « mesure symbolique » rapportera « quelques millions d’euros et alimentera un fonds pour les boursiers« , a-t-il indiqué.

Sylvie Bonnet, présidente de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, s’est insurgée dans Le Monde contre cet « amendement punitif, construit sur des idées reçues ».

Droit d’accès aux filières sélectives pour les meilleurs bacheliers

L’Assemblée nationale a également adopté un amendement PS ouvrant un droit d’accès aux classes prépas et formations sélectives pour les meilleurs bacheliers de France. Les modalités pratiques du dispositif, comme le nombre de places réservées, seront précisées dans un décret à venir. Pour Jérôme Guedj, auteur avec Vincent Feltesse de l’amendement, la mesure est destinée à lutter « contre les ségré­ga­tions notam­ment spa­tiales ». Pour Vincent Feltesse, il s’agit également de combattre l' »espèce d’autocensure sociale natu­relle, avec des élèves qui ne vont pas dans les filières sélec­tives ».

Patrick Hetzel, député UMP, a estimé que la question « mérite mieux qu’un amen­de­ment à minuit ». « Vous ne réglez pas la ques­tion que vous pré­ten­dez régler, a-t-il déploré. Même dans les lycées où il y a plus de 65 % d’élèves issus de milieu modeste, les 5 % en tête de classes sont des lycéens de milieu aisé ».

Source(s) :
  • lemonde.fr, AFP

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