L’APSES, dans sa lettre ouverte à Vincent Peillon, demande que les SES ne soient plus seulement un enseignement d’exploration en seconde, et deviennent un enseignement obligatoire intégré au tronc commun, avec un horaire plus large.

Actuellement en effet, les élèves de seconde générale et technologique qui choisissent cet enseignement d’exploration (ils sont 85% à le faire) n’ont qu’une heure 30 par semaine de cours. Cet enseignement de plus n’est souvent pas noté.

Or la classe de seconde est le seul moment où les élèves bénéficieront d’un enseignement de cette discipline. Elle n’est pas enseignée en collège et seuls ceux qui choisiront l’option ES la poursuivront au lycée.

Décrypter le monde d’aujourd’hui

Pourtant souligne l’APSES, les sciences économiques et sociales sont plus que jamais indispensables pour comprendre le monde dans lequel nous vivons : crise économique, chômage, fonctionnement de l’entreprise, mariage pour tous, parité homme-femme…, tous ces sujets d’actualité peuvent être décryptés grâce aux SES.

La lettre ouverte a d’ores et déjà été signée par plusieurs spécialistes de renom, parmi lesquels Daniel Cohen, François Dubet, Thomas Piketty et Philippe Meirieu.

L’économiste Thomas Piketty a de son côté déclaré dans Le Monde qu' »il faudrait que la matière soit obligatoire jusqu’en terminale pour toutes les filières ». En effet, « dès que l’on allume la télévision, que l’on ouvre un journal, nous sommes assommés par des notions complexes comme celles de dette publique ou de déficit commercial. Un citoyen doit pouvoir les comprendre » argumente-t-il.