Roberto Juarroz à l’honneur sur France Culture

L’émission "Poème du jour avec la Comédie-Française" de France Culture était entièrement dédiée, la semaine dernière, à l’immense poète argentin Roberto Juarroz. Présentation.

Ancient letter and pen © Jakub Krechowicz - Fotolia.com

Ancient letter and pen © Jakub Krechowicz – Fotolia.com

Roberto Juarroz (1925-1995) est considéré comme l’un des plus grands poètes argentins du 20e siècle. Il a été salué par René Char, Philippe Jacottet ou encore Octavio Paz.

Tous ses recueils de poésie s’intitulent « Poésie Verticale » et aucun de ses poèmes ne porte de titre. Les éditions José Corti ont publié en France des éditions bilingues de ses recueils, le plus récent datant de 2012, intitulé « Dixième poésie verticale ».

Ses poèmes à écouter

La semaine dernière, France Culture rendait hommage au grand poète, en lui consacrant son émission « Poème du jour avec la Comédie Française ». Les sociétaires de la Comédie Française ont ainsi lu plusieurs des textes de « Poésie Verticale ».

Une poésie verticale ? On songe bien entendu aux deux axes du langage, syntagmatique et paradigmatique, définis par Ferdinand de Saussure, la poésie étant à la confluence de tous les sens, y compris et peut-être avant tout, paradigmatique.

« Il finit par tomber vers le haut »

Mais c’est plutôt du côté de Gaston Bachelard qu’il faut se tourner. « Le temps de la prosodie est horizontal, le temps de la poésie est vertical » disait Gaston Bachelard dans « L’Intuition de l’instant ».

Le poète Roberto Juarroz avait en tête cette citation lorsqu’il écrivit sa poésie verticale : l’homme chute, mais la poésie lui permet d’accéder vers le haut, et de s’inscrire dans l’éternité, car écrit-il dans le recueil « Dixième poésie verticale », n°60, publié chez José Corti, « Il reste encore des mots lorsqu’on ne respire plus ». La poésie elle seule est capable d’inverser le mouvement, comme il l’écrit par exemple dans ses « Fragments Verticaux » : »Il se spécialisa dans les escaliers descendants. Il finit par tomber vers le haut. »

 

Lire un de ses poèmes :

 

n° 34 in « Dixième poésie verticale », publié chez José Corti

Recuperar figuras del suenõ
como quien gana terreno al mar
y fundar en esa minima playa
el temblor de un pequeño poema.

Devolver luego el sueño al sueño
y cerrar el circuito,
porque el sueño no puede estar mucho
afuera del sueño.

Asi, casi sin haberlo buscado,
quedará entre las palabras del poema
un poco del perfume del fondo.

 

Récupérer des figures du rêve
Comme on gagne du terrain sur la mer
et fonder sur cette plage minimale
le tremblement d’un petit poème.

Puis rendre le rêve au rêve
et fermer le circuit,
car le rêve ne peut pas rester longtemps
hors du rêve.

Ainsi, presque sans l’avoir cherché,
il restera parmi les mots du poème
un peu du parfum du fond.

 

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