Dominique Tian : « le nombre de syndicalistes enseignants est déraisonnable »

Dominique Tian, député UMP de la 2ème circonscription des Bouches-du-Rhône, déplore le nombre trop important de temps pleins accordés à la représentation syndicale au sein de l’Education nationale. Entretien.

Dominique Tian Crédit DR

Dominique Tian Crédit DR

Quel est votre constat aujourd’hui concernant la représentation syndicale dans l’Education nationale ?

Pour l’année scolaire 2012-2013, les syndicats d’enseignants ont bénéficié de « crédits de temps syndical » équivalents à 1 990 postes : c’est énorme ! Alors que l’on demande à tous les Français de faire des efforts, ce n’est pas normal que la collectivité continue à supporter ces coûts, d’autant que de nombreuses créations de postes ont été annoncées par le ministre de l’Education nationale. Si l’on estime à 41 000 euros, hors pension, la somme que l’Etat dépense en moyenne pour un enseignant en une année, la facture de la représentation syndicale s’élève alors à 82 millions d’euros. Incontestablement c’est une somme importante.

Que proposez-vous ?

Il faut introduire davantage de souplesse dans le système français, très rigide et finalement peu représentatif. Ce nombre de postes doit répondre à un besoin réel et non pas à des quotas. Il faut également introduire plus de transparence : il est temps que les principaux bénéficiaires de ces avantages, que sont la Fédération syndicale unitaire (FSU) et l’Unsa, rendent des comptes. Le premier dispose de l’équivalent de 817 temps pleins, le second de 444 : c’est complètement aberrant. Les Français n’acceptent plus ce genre de choses.

Quelles mesures concrètes devraient être appliquées ?

Je ne dis pas qu’il faut supprimer tous ces postes, mais je pense qu’il faut être raisonnable. Les organisations syndicales doivent comprendre qu’il faut faire un effort. Par exemple, diviser par deux ce nombre de postes. D’autant que je me pose sérieusement la question sur ce que produisent ces personnes tout au long de l’année. J’ai le sentiment que les syndicats se battent davantage pour conserver leurs acquis que pour le bien commun. Il y a pourtant de vrais combats à mener dans l’Education nationale !

Lesquels ?

Le sujet n°1 est et devrait être l’échec scolaire. C’est dans cette bataille qu’il faut mettre toutes nos forces, et non dans des dépenses syndicales pharaoniques. Notre système éducatif va mal, et des effectifs pléthoriques au sein des syndicats n’y changeront rien, bien au contraire. Des élèves de 14-15 ans sortent de nos écoles avec le chômage comme seul avenir. Pour y mettre fin, il faut renforcer l’apprentissage et tisser des liens entre l’école et l’entreprise très en amont. Des projets qu’il faut mener au niveau local.

 

Martin Bellet

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6 commentaires sur "Dominique Tian : « le nombre de syndicalistes enseignants est déraisonnable »"

  1. Nico  22 mai 2013 à 18 h 35 min

    2000 postes sur un million, cela fait 0,2% est-ce vraiment énorme ?Signaler un abus

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  2. Véritas  22 mai 2013 à 20 h 36 min

    Le nombre d’hommes politiques, leur salaire et leur morale sont sans doute beaucoup plus déraisonnables !
    Il est temps que nos hommes politiques rendent des comptes !
    J’ai le sen­ti­ment que les élus se battent davan­tage pour conser­ver leurs acquis que pour le bien com­mun. Il y a pour­tant de vrais com­bats à mener dans notre pays !
    En Allemagne, ils sont beaucoup moins nombreux, moins payés et les résultats sont meilleurs !Signaler un abus

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  3. Véritas  22 mai 2013 à 20 h 40 min

    C’est vrai que M. Dominique Tian a des mèches blondes, ceci explique peut-être cela !Signaler un abus

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  4. NiX  23 mai 2013 à 10 h 04 min

    Je trouve que le nombre de députés et de sénateurs est déraisonnable. Plus de 900 en France, par rapport à d’autres pays et proportionnellement au nombre d’habitants, comme les USA par exemple.Signaler un abus

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  5. Wibart  24 mai 2013 à 20 h 04 min

    Je suis secrétaire académique d’un syndicat apolitique, autonome de l’Education nationale et je n’ai que 4 heures par semaine pour aider les collègues en difficulté, préparer avec d’autres syndiqués nos propositions pour éviter l’échec scolaire, améliorer la vie des collèges, etc nous ne dépensons pas notre temps à rien et nous ne pensons jamais à nous, nous passons notre temps sans compter.
    Il n’y a pas que le snes, ou la fsu, il y a aussi des syndicats indépendants sans aucune aide dont le sncl!.Signaler un abus

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