Enseignement en anglais à la fac : des amendements adoptés

Les députés ont adopté hier, lors de l'examen du projet de loi ESR en commission à l'Assemblée, des amendements modifiant légèrement l'article sur l'utilisation de l'anglais dans les cours d'université en France.

Les députés ont légèrement modifié hier, lors de l’examen du projet de loi sur l’enseignement supérieur en commission à l’Assemblée, le dispositif élargissant l’utilisation de l’anglais dans les cours d’université en France.

Polémique sur le projet de loi

Depuis 1994, la loi Toubon stipule que le français « est la langue de l’enseignement », sauf pour les cours de langues et lorsque l’enseignant est étranger. Mais le projet de loi ESR de Geneviève Fioraso comprend un article prévoyant de nouvelles exceptions pour l’utilisation de l’anglais à l’université, notamment dans le cas d’un accord avec une institution étrangère ou d’un pro­gramme soutenu par l’Union européenne.

Cette disposition du projet de loi fait polémique depuis plusieurs semaines. Dans une tribune commune publiée début mai, des scientifiques et universitaires renommés comme Cédric Villani, Serge Haroche ou Françoise Barré-Sinoussi soutiennent le projet de Geneviève Fioraso, soulignant que « les scientifiques du monde entier utilisent l’anglais pour communiquer » et qu' »en conséquence les étudiants en thèse dans les laboratoires doivent très vite maîtriser l’écriture scientifique, l’expression orale dans cette langue et sa compréhension ». De plus, signalent-ils, « l’enseignement en anglais permet d’attirer des étudiants étrangers en provenance de pays dont les jeunes s’orientent majoritairement vers des pays anglophones ».

Pour Bernard Cerquiglini, recteur de l’agence universitaire de la francophonie, « il est faux, concrètement, de dire que toute la recherche se fait en anglais aujourd’hui ». « 780 universités dans le monde utilisent le français pour la formation et la recherche. Le français est une langue internationale de savoir, au même titre que l’anglais, le mandarin ou l’hindi. Les faits sont là », indique-t-il.

De légères modifications adoptées

Les membres de l’Académie française se sont également offusqués contre la mesure. Ils ont publié le 21 mars une déclaration commune demandant « instamment au législateur de renoncer à introduire dans la loi une disposition portant atteinte au statut de la langue française dans l’Université », estimant qu’elle « favorise une marginalisation de notre langue ».

En outre, une quarantaine de députés PS ont proposé un amendement réclamant la suppression de la disposition. Ils dénoncent « un recul par rap­port à la loi Toubon de 1994 » et pointent, dans l’exposé des motifs, « le risque de mar­gi­na­li­ser les étudiants fran­co­phones et ceux sou­hai­tant apprendre notre langue ».

Les députés ont retoqué hier cette proposition, mais ont adopté un amendement du pré­sident de la com­mis­sion des Affaires cultu­relles et de l’Education, Patrick Bloche, stipulant que les étudiants étrangers recevant un enseignement en anglais devront aussi pouvoir bénéficier d' »un appren­tis­sage de la langue française« . Ils ont également approuvé un amendement UDI imposant que les formations « ne peuvent être que par­tiel­le­ment pro­po­sées en langue étrangère ».

Selon Geneviève Fioraso, il pourrait y avoir des « enri­chis­se­ments en séance », à partir du 22 mai.

Source(s) :
  • lemonde.fr, liberation.fr, AFP, academie-francaise.fr

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