A quoi rêvent vraiment les profs ?

Jalousés pour leurs vacances, chahutés par les réformes, en première ligne face aux difficultés des jeunes… Les enseignants montent régulièrement au créneau pour dire leur ras-le-bol. Mais au fond, à quoi rêvent-ils ? Témoignages.

professeur pensif

© Friday – Fotolia.com

« Dans un monde idéal, je pourrais m’occuper correctement de tous mes élèves », confie Cécile, enseignante de français dans un collège du 19e arrondissement de Paris et blogueuse. Son premier souhait cible les moyens humains : « J’aimerais pouvoir gérer l’hétérogénéité des élèves grâce à une équipe complète, disponible et formée, présente dans les collèges à plein temps : une infirmière et un médecin scolaire, une conseillère d’orientation présente plus de deux demi-journées par semaine, et surtout une psychologue spécialisée dans l’enfance et l’adolescence qui nous aiderait à discerner ce qui relève de l’éducation ou du pathologique. Un professionnel capable de prendre le relais quand l’enseignant est dépassé et que la réponse n’est ni pédagogique ni cognitive. Une assistante sociale et une équipe d’aide-éducateurs. »

Parmi les autres vœux de cette enseignante, le collège devrait être repensé de façon globale : « J’imagine deux années post-primaire (6e et 5e) et deux années pré-lycée (4e et 3e). Les enfants changent tellement entre 11 et 15 ans qu’il est fou de les considérer de la même façon durant les 4 années de collège. »

Enfin, cette professeure souhaiterait insister sur la formation des enseignants, toujours très critiquée : « Idéalement, les enseignants seraient formés sur les contenus mais aussi sur les méthodes pédagogiques. Il est primordial de maîtriser la matière qui nous a fait choisir le métier mais il faut garder à l’esprit que les connaissances seules ne suffisent pas. L’information est partout, il y a de très nombreux concurrents : internet, la télé, les journaux spécialisés. Le professeur doit ajouter au savoir une plus-value : la capacité à enseigner ce savoir à tous les enfants. La réflexion pédagogique était insuffisante dans les IUFM. J’espère que les ÉSPÉ feront la part belle aux initiatives pédagogiques. »

« Moins d’élèves par classe »

Célia, professeure des écoles dans les Yvelines, dresse elle aussi sa vision de l’école parfaite : « Il faudrait moins d’élèves par classe, des programmes allégés qui visent l’essentiel, des budgets illimités pour faire des sorties, des intervenants périscolaires formés pour enseigner les arts, la musique, l’EPS et l’anglais… » Et, cerise sur le gâteau, « pas d’école ni le mercredi, ni le samedi. »

Les deux enseignantes s’accordent sur un point : pour que le métier d’enseignant redevienne le plus beau du monde, une revalorisation de la grille salariale s’impose. « Il est nécessaire de restituer leur autorité et leur prestige aux enseignants », témoigne Cécile, « quelles sont les professions admirées ? Il faut refaire de l’enseignant un notable, ce qu’il était il n’y a pas si longtemps. Je n’oublierai jamais cet élève, naïf ou provocateur qui un jour m’a demandé pourquoi j’étais professeur : “Vous n’étiez pas bonne à l’école ?”… » Et pour peaufiner ce tableau idéal, Célia ajoute deux autres éléments : « Des élèves bien élevés qui respectent leur maître et des parents qui nous font confiance. » « Ce qui est épuisant, poursuit Cécile, c’est de devoir sans arrêt répéter des évidences : 6 heures de cours dans une journée, ça se prépare en amont et ça crée des tas de paquets de copies ! Et durant les 6 heures, on ne peut pas se relâcher un instant : il faut être hyper concentré et hyper réactif. »

Célia reste toutefois positive : « le métier d’enseignant demeure le plus beau du monde. Il y a vraiment beaucoup de bons côtés, y compris les vacances évidemment… Avec les modifications que je viens d’évoquer, ce serait magnifique ! »

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