syndicat Snalc conférence 30 avril 2013Le Snalc, deuxième syndicat du secondaire, a présenté ce matin à la presse un projet de collège « modulaire ».

Afin de tenir compte des lacunes de certains élèves (selon Vincent Peillon, entre 15 et 25% des élèves sont en difficulté à l’entrée du collège), le Syndicat national des lycées et collèges, qui se dit apolitique et surtout « pragmatique », souhaite faire du collège unique un collège « moins uniforme ».

Le syndicat propose de conserver une classe de 6ème commune à tous les élèves, à l’issue de laquelle les élèves seraient répartis entre deux groupes, sur avis de l’équipe pédagogique. Un groupe dit « fondamental » rassemblerait les élèves qui ne maîtrisent pas encore les fondamentaux, en particulier en français et mathématiques. Un autre groupe dit « d’approfondissement » rassemblerait les élèves plus performants. Le président national du Snalc, François Portzer, y voit une réponse « concrète » et « à coûts constants » aux difficultés rencontrées par les enseignants, sans perdre de vue la réussite des élèves.

Les élèves plus faibles prioritaires pour les filières professionnelles

Les programmes de certaines matières seraient aménagés de manière que les élèves du groupe plus faible acquièrent le « niveau socle » (maîtrise du socle commun de connaissances) en trois ans, de la 5ème à la 3ème, tandis que le groupe plus avancé devrait maîtriser le socle à la fin de la 4ème, et consacrerait l’année de 3ème à un approfondissement qui faciliterait l’entrée en lycée.

Il ne s’agirait pas de filières différentes : les élèves des deux niveaux resteraient mélangés dans les classes. Ils ne seraient réunis en petits groupes que pour les cours de français, de mathématiques et de langue vivante 1. Contrairement à l’histoire-géographie par exemple, ces matières reposent sur une « logique accumulative » qui impose de maîtriser les bases pour progresser. L’affectation dans l’un ou l’autre groupe ne serait pas définitive et des élèves pourraient changer de groupe en cours d’année en fonction de leurs progrès.

Les élèves du groupe « fondamental » seraient à la fin de leur 3ème prioritaires sur un choix d’orientation professionnelle. S’ils souhaitaient poursuivre en voie générale ou technologique, ils devraient par contre refaire une année de troisième, dans le groupe d’approfondissement cette fois. « On ne ferme pas la porte de la voie générale, on prend juste le temps de renforcer les fondamentaux », souligne Jean-Rémi Girard, secrétaire national à la pédagogie. Afin de garantir cette maîtrise des fondamentaux, les groupes plus faibles ne dépasseraient pas 20 élèves.

Le collège actuel, « une machine à fabriquer des illusions »

Pour François Portzer, le projet du Snalc correspond aux attentes du ministre de l’Education nationale, qui sont les suivantes : « ne pas revenir sur le collège unique », « une meilleure liaison primaire-secondaire« , et enfin « des solutions pour les élèves en difficultés ».

Albert-Jean Mougin, vice-président du syndicat, voit dans le collège actuel « une machine à fabriquer des illusions » : « On demande à tous les élèves la même chose au même moment pour aboutir au même résultat ». Mais cet objectif n’est pas réaliste, puisque les élèves ne démarrent pas avec les mêmes acquis et que le niveau est hétérogène.

« C’est pourquoi il y a des voies cachées, par le biais des options, qui servent à la constitution des classes », comme les filières européennes, rappelle Jean-Rémi Girard. « Aujourd’hui, les élèves savent très bien s’ils sont dans une classe poubelle ou une classe de forts« , affirme le secrétaire national à la pédagogie. Le projet du syndicat ne vise pas à encourager cette « ségrégation » : un groupe pour les élèves en difficulté, « ce n’est pas une classe plus faible, c’est une classe adaptée [à la réussite de l’élève] ».

Le Snalc soumettra dès cette après-midi son projet de collège modulaire à la DGESCO