Le conseiller maître honoraire à la Cour des comptes Claude Thélot a critiqué hier certains aspects de la politique de Vincent Peillon dans le cadre de la refondation de l’école. Au cours d’une rencontre de l’Association des journalistes éducation recherche (Ajé), Claude Thélot a présenté une série de mesures pour améliorer le système éducatif et exposé les principales « résistances au changement ».

Vincent Peillon a « perdu du temps pendant un an »

Selon Claude Thélot, Vincent Peillon « a un grave défaut, c’est d’être un philosophe ! ». « Quand les personnes s’expriment sur l’école c’est par de longs discours. La parole est un acte politique mais ce qui est important, c’est l’acte sur le terrain », a-t-il expliqué. Le conseiller maître a estimé que le ministre avait « perdu du temps pendant un an », même si cela était « peut être nécessaire pour redonner de la confiance ».

Pour Claude Thélot, le recrutement de 54 000 enseignants promis par Vincent Peillon est « une erreur ». « Quelle est la logique éducative dans cette décision ? Les moyens devaient être accordés avec la contrepartie de travailler autrement », a-t-il considéré.

Il a aussi jugé que « le système éducatif accorde trop d’importance à la formation initiale des enseignants« , précisant que « le fond de la question » était « l’accompagnement […] pendant 40 ans », qui requiert une « réforme du statut des enseignants du secondaire ».

En effet, pour le conseiller maître, il est nécessaire d’ouvrir les discussions sur la réforme du métier enseignant. Il préconise d’y associer chefs d’établissement, enseignants et collectivités pour « avoir une vue globale et ne pas mener la discussion uniquement avec les syndicats enseignants ». Il se dit d’ailleurs « abasourdi » que cet aspect ne soit pas évoqué dans le texte de loi de Vincent Peillon. « La loi de refondation aurait pu mériter ce nom si elle avait abordé ce point-là » a-t-il déploré.

Les obstacles au changement

Pourtant, de « grandes résistances » entravent le changement à l’école, estime Claude Thélot. Le conseiller maître a notamment cité « des syndicats puissants et corporatistes ». « Ils mettent en avant le bien-être des personnels pour faire réussir les élèves. Mais il faut inverser cette priorité. En aucun cas l’État doit laisser passer l’intérêt des personnels avant » celui des élèves, a préconisé Claude Thélot.

Le conseiller maître a également évoqué « l’accroissement de l’égoïsme social », chez des élites qui « ont réussi à l’école et ne voient donc pas pourquoi on devrait la changer ».