Classes sans maître : « il faut un plan d’urgence en Seine-Saint-Denis ! »

Alors que Vincent Peillon annonce 1000 postes de remplaçants à la rentrée, dont 119 en primaire dans l’académie de Créteil, le collectif des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis estime que le compte n’y est pas. Entretien avec Catherine Charmet, membre du collectif.

collectif parents d'élèves Seine-Saint-Denis

photo ©Xavier Remongin

Quelle est l’ampleur du manque d’enseignants dans le 93 ?

Les chiffres officiels sont nébuleux. En tant que parents d’élèves, nous constatons que le non remplacement d’enseignants est un problème majeur. J’habite à Saint-Ouen et sur 15 écoles, nous comptabilisons déjà 280 jours de classe non effectués depuis la rentrée. C’est colossal. Rien que dans l’école élémentaire Frédéric Joliot Curie, 100 jours de classe ont eu lieu depuis septembre pour 50 jours sans enseignant. Dans un établissement de 10 classes, il faut imaginer le bazar quand trois profs sont absents et que l’on doit dispatcher les élèves dans les classes des autres enseignants… Dès la rentrée, les problèmes se sont manifestés : un certain nombre de « ZIL », les titulaires qui assurent des remplacements de courte durée, ont été affectés d’entrée de jeu dans des classes sans enseignant sur une longue durée.

Le collectif dénonce des « Zones sans prof » (ZSP). Où se situent-elles ? Le problème est-il le même partout dans le département ?

A Saint-Denis, Pantin, Epinay, Bobigny, Gennevilliers ou encore Aubervilliers, les difficultés liées au manque d’enseignants sont les mêmes. A tel point qu’à Saint-Ouen, chaque parent du Collectif comptabilise, sur Google Documents, les absences d’enseignants dans chaque école. A Saint-Denis, la mairie a même pris l’initiative d’afficher, tous les samedis, le nombre d’absences non remplacées.

Comment pallier le turn-over au sein des équipes enseignantes en Seine-Saint-Denis ?

Un nombre important de postes est proposé au concours pour devenir enseignant dans le département. Du coup, de nombreux candidats non originaires du 93 se présentent. Problème : une fois qu’ils décrochent leur diplôme, ils ne tardent pas à demander leur mutation. Pour stabiliser la situation, il faudrait vérifier que les candidats au concours ne soient pas domiciliés à plus de 2h du département. Dans le premier degré, la profession est très féminisée. Du coup, il y a de nombreuses enseignantes qui partent en congés maternité : mais ça s’anticipe ! Ainsi, il faut un vivier de remplaçants beaucoup plus important qu’il ne l’est actuellement. Rien que sur le secteur de Saint-Ouen et de l’Île Saint-Denis, nous avons 23 ZIL pour 290 classes et il nous en faudrait 30.

Qu’espérez-vous obtenir en bloquant les bureaux de direction des écoles ? L’annonce de la création de 1000 postes de remplaçants à la rentrée vous satisfait-elle ?

Nous avons été reçus ce 19 avril par Vincent Peillon. C’est une avancée mais ce qu’il nous promet est une goutte d’eau ! Pour le département, il est question de créer 119 postes d’enseignants en primaire, dont 60 seraient dédiés aux remplacements. C’est trop peu ! D’autant que le 93 a une croissance démographique importante. Nous attendons un réel plan d’urgence. Il fait passer rapidement à la vitesse supérieure ! En attendant, nous allons continuer d’occuper les bureaux de direction à chaque fois qu’il y aura une classe sans maître et nous organisons un pique-nique « pour l’école de la République », le 26 mai, au parc départemental de la Courneuve.

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1 commentaire sur "Classes sans maître : « il faut un plan d’urgence en Seine-Saint-Denis ! »"

  1. Sami  28 avril 2013 à 20 h 48 min

    Pourquoi les gens de Seine St Denis ne deviennent-ils pas enseignants ? Pas envie de se faire insulter et menacer à longueur de journée ?Signaler un abus

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