Charles Vétois

Charles Vétois

La discipline la plus difficile à enseigner, au collège ? « La gymnastique », répond sans hésiter Charles Vétois, professeur d’EPS au collège La Bruyère Sainte Isabelle, dans le 14ème arrondissement de Paris. « En gym, les risques de blessures sont élevés et comme les élèves sont répartis sur plusieurs ateliers, il faut avoir un œil partout. Je suis vigilant : pas question que les élèves sautent sur le trampoline sans matelas autour. Une mauvaise réception et c’est l’entorse assurée », explique ce jeune professeur de 28 ans.

Dans son collège, les sports enseignés sont variés : gymnastique, donc, et aussi natation, tennis de table, basket-ball, ultimate (frisbee), tir à l’arc, course d’orientation. Charles Vétois encadre cinq classes, de la 6ème à la 3ème. Il a 20 heures effectives de cours par semaine, plus six heures de préparation.

Une relation privilégiée avec les élèves

Les professeurs d’EPS entretiennent souvent une relation privilégiée avec les élèves. « En cours d’éducation physique et sportive, les élèves sont détendus, plus ouverts qu’en classe, admet Charles Vétois. On a plus d’interactions et quand on se déplace pour aller au parc ou à la piscine, il arrive qu’un élève vienne me dire que ça ne va pas chez lui, qu’un autre, rejeté, m’exprime sont mal-être. Je suis à l’écoute », explique-t-il.

Etre proche de ses élèves et transmettre sa passion pour le sport, c’est ce que ce professeur apprécie le plus. Il déplore néanmoins que l’EPS ne soit pas toujours considérée à sa juste valeur. « L’EPS est une matière sérieuse, au même titre que le français ou les mathématiques », précise l’enseignant.

Des séances soigneusement préparées

Or, certains élèves considèrent leurs trois heures de cours hebdomadaires (quatre, en 6ème) au mieux comme de la détente, au pire comme une corvée. « Pour motiver les moins sportifs, je consacre 4 points sur 20 à l’investissement de l’élève, à chaque bulletin trimestriel. Au sein de l’équipe pédagogique aussi, certains enseignants pensent que le prof d’EPS n’est là que pour amuser les élèves, leur donner des ballons… Ils ne voient pas le travail qu’il y a derrière. » Certes, il n’a pas de copies à corriger, mais il doit construire soigneusement chaque séance.

« Quand on pratique le basket-ball, par exemple, je consacre les deux-tiers du cours à des situations d’apprentissage – le drible, le double pas, l’attaque, par exemple – et la fin, au jeu. Mon rôle est de transmettre mon savoir aux élèves, de les aider à progresser », affirme-t-il. Mais cela va bien au-delà : « Les sports collectifs développent l’esprit d’équipe. Les élèves apprennent à respecter leurs adversaires, à savoir perdre ou à rester humble quand ils gagnent », énumère Charles Vétois. De vraies valeurs pour avancer dans la vie.