Nicolas Sadirac

Nicolas Sadirac

En quoi la nouvelle école d’informatique 42 se distingue-t-elle des autres ?

Nous sommes en train de proposer quelque chose de nouveau, une formation révolutionnaire baptisée 42  permettant à tous les jeunes, sans préjugé sur leurs capacités, de venir se former au métier de développeur informatique. Cette école est entièrement gratuite, Xavier Niel la finance à titre personnel, pour permettre de trouver les génies de l’informatique sans discrimination sur leurs études précédentes, pourvu qu’ils aient du talent.

Combien de temps durera la formation et comment s’organisera-t-elle, avec quels enseignants ?

La formation va durer de trois à cinq ans selon les profils de chacun. La pédagogie fonctionne en mode peer-to-peer : la plus grosse partie du processus d’enseignement se fait en travaillant en groupe sur des projets et en confrontant les points de vue. L’apprentissage se fait par la pratique. Ce n’est pas une école où on assiste à des cours en amphi !

Pourquoi dites-vous que le système français ne fonctionne pas. Aucune formation informatique n’est, selon vous, à la hauteur ?

Quand chaque année des milliers de jeunes se retrouvent en dehors du système traditionnel parce que le système classique ne leur convient pas, quand d’autres sont obligés de s’endetter sur plusieurs années auprès d’écoles privées pour pouvoir débuter ou continuer leurs études, alors non, le système français ne joue pas vraiment son rôle. Nous devons changer cela, à commencer par son mode d’apprentissage.

Vous avez annoncé que l’école sera « ouverte à tous », or l’inscription n’est accessible qu’aux 18-30 ans. Que faites-vous des plus de 30 ans et des seniors ?

42 se concentre effectivement d’abord sur les 18-30 ans. Nous pensons aux autres personnes avec attention, mais nous avons dans un premier temps déjà beaucoup à faire.

Quelles sont les retombées pour Free ?

42 n’a pas été créée pour Free. Je pense que l’intérêt de 42 dépasse une seule personne pour toucher l’ensemble des entreprises françaises du numérique. La France est la 5e puissance économique mondiale mais la 20e du côté de l’économie numérique. 450 000 emplois seront à pourvoir en France dans le numérique. En formant 1000 jeunes par an, nous allons permettre à de nombreuses entreprises de se développer et par conséquent de bénéficier à l’ensemble du secteur.

Vous dites que l’on peut être en échec scolaire, ne pas avoir le bac, et devenir un développeur brillant. Croyez-vous vraiment que ce soit possible sans connaissances fondamentales en mathématiques ?

Oui ! Les mathématiques sont un outil pour progresser en informatique. Il n’est pas nécessaire de savoir assembler un moteur à combustion pour pouvoir conduire une voiture. De la même façon, on peut appliquer des théorèmes complexes pour augmenter l’efficacité d’un programme informatique sans pour autant les démontrer à l’aide de connaissances fondamentales !

Quelle sera la valeur du diplôme, s’il n’est pas reconnu par l’Etat et quelle liberté les étudiants auront-ils d’aller travailler ailleurs que chez Free ?

Avec 42, nous voulons former les meilleurs développeurs informatiques et faire émerger les talents. La valeur au bout du cursus des étudiants ne va pas être déterminée par l’Etat mais par les entreprises qui vont les recruter. Ce sera leur meilleure preuve de succès : la confiance du secteur de l’économie numérique. Ils ne seront bien évidemment pas liés à Free puisque cette école n’a aucun lien direct avec Free. Les premiers échos que nous avons eu de la part des entreprises sont unanimes : les premiers étudiants de 42 sont attendus avec impatience !