examen salle de classe

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Le projet de loi du gouvernement marquera l’Acte III de la décentralisation, comme l’ont fait remarquer les membres du syndicat des personnels de direction présents hier à la table ronde.

Amorcée en 1982 (acte I), poursuivie en 2003, la décentralisation devrait faire bientôt l’objet d’une nouvelle loi.

Le débat d’hier portait spécifiquement sur les EPLE (établissement public local d’enseignement) soit les 8000 collèges et lycées de l’enseignement public.

Le statut des EPLE est complexe : ils sont gérés à la fois par l’Etat, l’Education nationale et les collectivités territoriales. Les chefs d’établissement et les adjoints-gestionnaires sont par exemple payés par l’Education nationale, tandis que les personnels TOS de l’établissement le sont par les collectivités territoriales.

Il est à remarquer que dans ce contexte, la place de l’adjoint-gestionnaire (autrefois appelé l’intendant) est délicate : il est de fait de par son statut rattaché à l’équipe de direction de l’établissement, mais gère des personnels rattachés aux collectivités territoriales. Il est en quelque sorte l’interface entre les collectivités et l’Education nationale, et ce positionnement n’est pas simple.
Par ailleurs, des malentendus peuvent naître sur certains points entre collectivités et besoins éducatifs. Les collectivités ont en charge les locaux, les équipements, les personnels TOS, l’informatique.

Des besoins contradictoires

Lors de la table ronde, la mise en place des ENT a été citée comme exemple de problématique. La région par exemple met en place le même modèle d’ENT dans l’ensemble des établissements. Or, chaque établissement a sa spécificité, et le modèle général proposé ne convient pas forcément à tous les chefs d’établissement ni à leurs équipes enseignantes.

Les collectivités territoriales peuvent parfois aussi vouloir intervenir dans le pédagogique, entrant ainsi en conflit avec les chefs d’établissement : la région qui a en charge l’équipement matériel des lycées technologiques et professionnels et également la politique régionale d’apprentissage et de formation professionnelle va favoriser les filières répondant à ses besoins d’emploi, au détriment des autres. Si le choix paraît judicieux par rapport aux besoins de la région, il l’est beaucoup moins du point de vue des chefs d’établissement et des enseignants, pour qui ces filières sont tout aussi importantes.

Le projet de loi sur la refondation de l’école comprend donc un volet consacré à la mise en place d’une convention tripartite entre l’établissement, l’Education nationale et les collectivités. Cette convention devrait donner à chacun un rôle égal et favoriser une réelle concertation qui à présent fait défaut.