Congrès scientifique des enfants : les doctorants présentent leur travail en cours avec les classes

S'il a lieu le 31 mai, le Congrès scientifique des enfants de Toulouse fait l'objet, durant plusieurs mois, d'un important travail en classe. Un binôme de doctorants encadrant des élèves de CM1-CM2 répond à nos questions.

Claudie Haigneré

Claudie Haigneré

Le Congrès scien­ti­fique des enfants, qui s’adresse aux classes de CM1 et CM2 tou­lou­saines, a pour thème cette année « Femmes et Hommes dans l’Espace ». Le Congrès en lui-même se déroule le 31 mai, mais depuis jan­vier, 6 classes de cinq écoles planchent déjà sur le sujet, accom­pa­gnées par six binômes de doc­to­rants des uni­ver­si­tés toulousaines. La qua­trième édition du Congrès scien­ti­fique des enfants aura lieu le 31 mai pro­chain à Toulouse. Unique en son genre, cet événé­ment est à l’intiative de la Cité de l’Espace, de l’inspection aca­dé­mique et du PRES Toulouse.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots, et expliquer pourquoi vous avez eu envie de travailler sur le Congrès scientifique des enfants ?

Je m’appelle Nicolas Roussel, j’ai 22 ans, et je suis ingénieur topographe de formation. Je suis actuellement en première année de doctorat en géodésie spatiale à l’OMP (Observatoire Midi-Pyrénées) à Toulouse et mon travail de recherche porte sur une nouvelle technique de télédétection (observation de la Terre), que l’on appelle la réflectométrie GNSS et qui est basée sur l’analyse de la réflexion sur la Terre des ondes émises par des satellites de type GNSS.

Dans le cadre de ce doctorat, il m’a été proposé de m’investir dans différents projets. Lorsque l’école doctorale m’invita à participer au 4ème Congrès scientifique des enfants à la Cité de l’Espace, j’ai immédiatement envoyé ma candidature. La possibilité d’être en contact direct avec des enfants, sur un sujet passionnant (« Femmes et Hommes dans l’Espace » !), et dans un cadre idéal (la Cité de l’espace, en partenariat avec le CNES !) … je n’ai pas hésité une seule seconde !

D’un point de vue plus professionnel, j’apprécie beaucoup la possibilité qu’il m’est donné d’apprendre à travailler avec des enfants. Ça n’est pas toujours évident, il faut beaucoup de préparation en amont, mais le plaisir de voir leur curiosité et leur enthousiasme inébranlable nous fait bien vite oublier toutes ces heures de travail…

Cette année nous aurons également très certainement la chance de pouvoir discuter avec Claudie Haigneré durant le Congrès, et je pense que les élèves sont tout autant excités que moi à l’idée de pouvoir rencontrer la première femme française dans l’espace.

Vous travaillez sur deux thèmes « les animaux précurseurs de l’espace » et « la vie à bord pour une femme astronaute » avec les élèves de CM1-CM2 de l’école élémentaire d’application Ricardie 3. Comment s’est passé le choix des thèmes, et comment le fait de travailler pour le Congrès a-t-il été accueilli par les enfants ?

Nous avions décidé avec la maîtresse d’imposer le choix des thèmes aux élèves, afin d’éviter tout conflit et d’éventuelles frustrations. Du thème principal s’est rapidement dégagée la thématique de la vie à bord pour une femme astronaute. En effet, depuis Valentina Terechkova, de nombreuses femmes ont pris part à l’incroyable aventure de la conquête spatiale… Il nous est apparu légitime de nous interroger sur les conditions particulières qu’elles pouvaient avoir : ont-elles un traitement de faveur à bord ? Subissent-elles le même entraînement que leurs homologues masculins ? Sont-elles sélectionnées sur les mêmes critères ? Ont-elles droit à plus d’intimité ? Autant de questions qui nous sont apparues très intéressantes et qui ont justifié le choix de ce premier thème.

Toujours dans l’optique de briser un peu les clichés et d’aborder le thème principal dans son sens très large, nous avons ensuite souhaité mettre l’accent sur les premiers êtres vivants envoyés dans l’espace, ceux à qui le choix n’a pas été donné, ceux qui ont souvent été sacrifiés au nom de la science, mais sans qui la conquête spatiale n’aurait pas été aussi rapide et aurait provoqué de nombreuses pertes humaines : les animaux ! Qui étaient-ils ? Comment étaient-ils sélectionnés ? A quel type d’entraînement étaient-ils soumis ?

Entretien avec Lucie, la binôme de Nicolas

Lucie Sourzat, qui travaille en binôme avec Nicolas, a répondu aux questions. Lire son entretien.

Ces deux thèmes plaisent beaucoup aux enfants, qui avaient déjà eu l’occasion de travailler sur la chienne Laïka durant l’année. N’ayant jamais eu l’occasion de faire de présentation de type Powerpoint ou de poster, et encore moins de faire un oral devant un grand nombre de personnes, ils ont été un peu impressionnés et intimidés par le rendu final qu’il leur faut faire, mais je pense qu’ils en seront d’autant plus fiers une fois le travail terminé. J’ai hâte de voir ça !

En tout cas, ils sont très intéressés par le domaine de l’espace, et même si la distinction entre Neil, Louis et Lance Armstrong n’est parfois pas très claire, ils font preuve d’énormément de curiosité et d’intérêt.

Comment s’organise votre travail avec les élèves et avec leur professeur : quand venez-vous en classe, sur quels documents vous appuyez-vous pour qu’ils puissent réaliser leur communication et leur poster, quelles sont les personnes-ressources qui vous aident ?

Nous venons faire des interventions d’une heure et demie une fois par semaine. Sans compter les séances de présentations, nous en sommes actuellement à la troisième séance de travail. Lucie et moi-même avons réalisé le travail de recherche en amont, afin de se rendre compte des difficultés que les élèves pourraient rencontrer et de pouvoir guider leur recherche. Après avoir formé quatre groupes de cinq ou six personnes, nous leur avons laissé choisir un chef de projet par groupe. Cet élève a en charge de répartir le travail au sein de son groupe et joue le rôle de porte-parole. Lors des premières séances, nous avons tout d’abord souhaité leur laisser une certaine liberté, en ne leur donnant pas de consigne très précise, et en leur demandant de réunir le maximum de sources sur leur thème. Pour cela, ils avaient une salle informatique à leur disposition, ainsi qu’un ensemble de livres et documents pédagogiques fournis par le CNES, ou apportés par Lucie et moi-même. Ils ont également effectué des recherches chez eux. Une fois ce premier travail de recherche bibliographique et de regroupement des informations effectué, nous leur avons préparé des questionnaires ou des tableaux à trous qu’ils devaient compléter par équipe. Ces questionnaires leur permettent d’avoir des objectifs de recherche clairs. Une fois l’ensemble de ces questionnaires remplis, nous les aiderons à synthétiser l’information et à la mettre en forme sous Powerpoint ou sous la forme d’un poster.

Durant nos interventions, l’institutrice nous aide à encadrer les élèves et nous donne des conseils sur la manière de procéder. Elle nous laisse une grande liberté d’action.

Nous avons aussi un enseignant-ressource du centre Départemental de Ressources en Sciences qui est disponible pour nous apporter l’aide et les conseils dont nous avons besoin. Il peut également intervenir en classe si nécessaire.

Où en sont les travaux aujourd’hui ?

Au terme de ces premières séances de travail, les élèves ont pratiquement fini la recherche bibliographique. Ils ont pu dresser une liste très complète des animaux envoyés dans l’espace, et ont déjà une bonne idée des conditions de sélection et d’entraînement. Concernant l’autre thématique, ils ont pu s’amuser à dresser une liste des objets personnels emmenés à bord par les femmes astronautes et ont une idée assez précise des conditions de vie à bord. Nous comptons leur laisser encore un peu de temps pour finir d’approfondir certains points avant de leur donner une synthèse, à l’issue de quoi nous commencerons à leur montrer comment faire une présentation sous Powerpoint et comment organiser un poster.

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