Activités périscolaires à Paris : « on va confier les enfants à des personnels moins formés, moins compétents » (directrice d’école)

Une directrice d'école parisienne retraitée a vivement critiqué la prise en charge des enfants par des animateurs scolaires l'après-midi dans le cadre de la réforme des rythmes, estimant que ce temps pourrait être consacré à des moments d'apprentissage avec les enseignants.

Une ancienne directrice d’école parisienne fustige l’encadrement des activités périscolaires par des animateurs, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires à Paris. Elle estime qu’il vaudrait mieux consacrer ce temps à de l’apprentissage avec les enseignants.

Les activités culturelles « ne s’improvisent pas »

Dans une interview publiée hier par l’Express, elle affirme que la réforme des rythmes scolaires ne contribuera pas à l’allègement de la semaine, puisque « le temps passé avec des animateurs est largement plus fatigant que le temps scolaire proprement dit ». D’ailleurs, souligne-t-elle, « une enseignante s’en sort mieux avec une classe de trente enfants que n’importe quel animateur avec huit ».

L’ancienne directrice voit « beaucoup d’esbrouffe » dans les activités culturelles proposées après les cours et encadrées par les animateurs. Pour elle, cela revient à confier les enfants « à des gens beaucoup moins bien formés, moins compétents, […] à un horaire où l’apprentissage peut se faire utilement ».

Selon elle, « ces choses-là ne s’improvisent pas ». « Une visite de musée doit s’intégrer dans un projet de la classe, dans un contexte. Il doit être précédé et suivi d’une explication. Sans projet pédagogique, une telle visite n’a aucune justification », déplore-t-elle.

« Pourquoi ce ‘temps culturel’ serait-il plus intéressant avec un animateur qu’avec un enseignant? Et quelle sera la qualité de ‘l’animation culturelle‘ assurée par un personnel sous-payé? » s’interroge-t-elle notamment.

Trois catégories d’animateurs

« Pour permettre aux parents de comprendre », la directrice classe les animateurs en 3 catégories « à proportions égales ». Elle cite d’abord ceux qui « font cela par plaisir, par goût, par choix de vie » et « font très bien leur boulot », puis les étudiants qui « font ce job […] pour payer leurs études » et « prennent un peu les choses […] de haut », et enfin ceux « qui essaient de s’en sortir tant bien que mal en devenant animateurs scolaires », « sont un peu paumés dans la vie et sont là parce qu’ils ont besoin d’argent ».

Elle estime que « transférer davantage de pouvoir aux animateurs est une erreur ».

« Si la loi les y autorise, je conseillerais aux parents qui le peuvent de récupérer leur enfant à la sortie de l’école dès 15 heures », conclut-elle.

Source(s) :
  • lexpress.fr

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.