Projet de loi Enseignement supérieur : grève et inquiétudes

Le projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche butte sur la question des moyens alloués aux universités, jugés insuffisants. Une grève est lancée aujourd'hui, tandis que la CPU fait part de son inquiétude.

La CPU publie une tribune dans Le Monde, cosignée par Jean-Loup Salzmann (président de l’université Paris-13, président de la Conférence des présidents d’université), Gérard Blanchard (président de l’université de la Rochelle, vice-président de la Conférence des présidents d’université) et Khaled Bouabdallah (président de l’université de Saint-Etienne-Jean Monnet, vice-président de la Conférence des présidents d’université). Alors que le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche a été examiné hier en Conseil des ministres, la CPU dénonce le fait que si « dans la plupart des pays développés et bon nombre de pays émergents l’Université se situe au cœur des stratégies politiques, elle tire la société vers le haut et lui propose constamment le progrès « , ce n’est « pas le cas en France, et cette situation ne nous honore guère« .

L’université, lieu de créativité

Pourtant, pour « valoriser la créativité et pour cela, au premier chef, la science « , il n’existe pas de « meilleurs lieux que les universités, institutions ouvertes, où la recherche irrigue en permanence les formations (c’est là une caractéristique essentielle qu’il faut sans cesse rappeler) ». Les universités, lieux de recherche et de créativité, sont aussi des lieux de modernité, tient à souligner la CPU : « nous sommes définitivement sortis de la vision caricaturale d’universités coupées des réalités ».

Cependant, alors qu’elles continuent d’accueillir toujours plus d’étudiants, les universités restent malheureusement « sous-financées » en France.

La CPU demande donc, afin de permettre une réelle autonomie des universités, condition sine qua non de leur dynamisme, « la garantie d’un investissement financier de long terme à la hauteur de ces enjeux afin de reconstruire une relation de confiance entre la communauté universitaire et la nation ».

Une loi qui ne répond pas aux besoins

Or, il semble que le projet de loi débattu hier en Conseil des ministres ne réponde pas à ce besoin. On peut lire ce matin sur Les Echos que « La loi Fioraso est en butte au débat sur les moyens ».

Ce gros point noir est à la base de la revendication de l’intersyndicale composée de la FSU, FO, CGT, Solidaires et des collectifs Sauvons l’université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR)  qui appelle à la grève aujourd’hui, « alors que la situation des universités est catastrophique ».

Dans un entretien accordé au Figaro étudiant, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, répond à ce reproche du manque de financement. « Dans une période budgétaire contrainte, le fait d’avoir obtenu la création de 5000 postes sur le quinquennat et des crédits en hausse de 2,2% en 2013 relève du miracle » tient-elle à rappeler, tandis qu’elle « a hérité d’une situation extrêmement dégradée ». Enfin, précise-t-elle encore, « si les universités sont en difficulté pour un quart d’entre elle, ce n’est que le résultat de la loi LRU ».

Source(s) :
  • Le Monde, Le Figaro, Les Echos, VousNousIls

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