Alors que le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) doit être présenté aujourd’hui en conseil des ministres, Valérie Pécresse critique dans une interview à l’AEF ce texte qui « ne va clairement pas dans la bonne direction ».

Tendance à l’uniformisation

L’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche (2007-2011), à l’origine de la loi LRU, déplore que le projet de loi « ne donne pas un nouvel élan à l’autonomie », et qu' »il n’apporte rien de nouveau » sur la réussite des étudiants.

Concernant l’ouverture des universités au monde socio-économique, Valérie Pécresse aurait visé « 50% de personnalités extérieures » dans les conseils d’administration des universités, au lieu des 22 à 30% prévus par le projet de loi (8 personnalités extérieures sur 24 à 36 membres du CA). Elle regrette également « la tendance à l’uniformisation », alors qu’il aurait fallu pour elle « que chaque PRES puisse s’organiser comme il le souhaite, dans un esprit d’autonomie, et non pas mettre tout le monde sous la même toise ».

Professionnalisation insuffisante des formations

Quant à la réussite des étudiants, Valérie Pécresse préconise « une orientation sélective pour que les universités autonomes orientent les étudiants dans les filières où ils ont des chances de réussir« , et l’instauration de quotas pour favoriser l’entrée des bacheliers professionnels en STS et des bacheliers technologiques en IUT (le projet de loi devrait toutefois prévoir des « proportions minimales » fixées par décret). La professionnalisation des formations reste enfin selon elle insuffisante en l’absence d’un « stage obligatoire en premier cycle ».

En mai 2012, l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, avait proposé d’abroger la loi LRU, qui constituait pour elle « un dan­ger tant pour le fonc­tion­ne­ment finan­cier que démo­cra­tique des universités », en dis­si­mu­lant « le désen­ga­ge­ment de l’État » sous le leurre de « l’autonomie financière ». Cette autonomie n’avait abouti selon elle qu’à « l’affectation de l’essentiel des moyens à quelques grands pôles uni­ver­si­taires, délais­sant le plus grand nombre des uni­ver­si­tés et des étudiants ».