Prof en prépa : comment s’organiser ?

Si les élèves de prépa sont surchargés de travail, leurs professeurs aussi sont soumis à un rythme extrêmement soutenu. Ce qui nécessite une organisation sans faille.

Bibliothèque © Richard Villalon - Fotolia.com

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Professeur d’histoire de 35 ans, Antoine Mathieu occupe depuis cette année un mi-temps en prépa dans un lycée marseillais, en plus d’un mi-temps en 1ère et en Terminale. Les cinq heures de cours hebdomadaires qu’il donne à sa classe d’hypokhâgne lui demandent nettement plus de travail de préparation que ses huit heures de cours au lycée. Parce que c’est sa première année en classe préparatoire, mais pas seulement : « En prépa, mes cours sont plus denses, plus construits, mieux informés de la recherche et des dernières publications. En histoire, il n’y a pas de manuel, de programme ou de consignes précises, explique Antoine Mathieu. Il y a un cadrage – on est censé traiter les quatre époques (contemporaine, moderne, médiévale, antique) – mais chaque professeur est libre dans l’élaboration de ses cours. On a une grande marge de manœuvre, ce qui est très appréciable, mais cela implique un surplus de travail par rapport au lycée, où on s’appuie sur un programme et un manuel ». C’est donc surtout la préparation des cours qui demande plus de travail en prépa qu’au lycée. Les corrections des copies ne prennent pas plus de temps.

Eviter le « trop universitaire »

La cadence est soutenue, mais les professeurs de prépa, agrégés, sont formés pour assumer d’importantes charges de travail. Comme beaucoup de professeurs de prépa, Antoine Mathieu profite des périodes de vacances pour se documenter, plonger dans les manuels historiques et les derniers ouvrages publiés. Pour préparer son dernier cours sur l’empire romain au IVème siècle, il a d’abord fait des repérages bibliographiques, consulté des revues spécialisées et lu un certain nombre d’ouvrages avant d’isoler les grands thèmes du sujet et d’élaborer le plan de son cours, réparti sur un mois, soit 20 heures. Le jeune professeur commence à prendre ses marques. « Au premier trimestre, j’avais tendance à perdre du temps en préparant des cours trop copieux, trop compliqués, raconte-t-il. Un collègue m’a rappelé qu’il ne faut pas oublier que les élèves en première année de prépa sortent du lycée. Il ne faut pas leur asséner de cours trop universitaires ». Ce conseil lui a été utile.

Anticiper au maximum

Aux débutants, Bruno Jeauffroy, professeur de physique en prépa depuis 28 ans et au lycée Fénelon à Paris depuis 14 ans, président de l’Union des professeurs de spéciales (UPS), conseille d’anticiper au maximum. « Je m’appuie sur les vacances pour préparer à l’avance tout ce qui peut l’être : les documents écrits que je remets aux élèves, les devoirs à la maison, les exercices… » Cela permet de gagner du temps sur des semaines bien remplies. Bruno Jeauffroy a une classe de 38 élèves de PC « étoile » (des deuxième année de niveau supérieur) et 14 heures de cours par semaine : 6 heures de cours, plus 4 heures de TP, 2 heures de TD et 2 heures de TIPE (travaux d’initiative personnelle encadrés, aboutissant à un mini-mémoire) – des travaux qui emmènent ce professeur de physique généraliste parfois loin de ses connaissances de base. « Il faut se documenter par exemple quand un élève étudie les turbulences sur une bulle de savon avec des modèles mathématiques très complexes », souligne-t-il. A cela s’ajoutent 4 heures de colles (interrogations orales) et 20 heures de correction de copies tous les week-ends, plus 3 heures de préparation des cours tous les jours, car il essaie de les enrichir d’année en année : au total, plus de 60 heures de travail par semaine. Bruno Jeauffroy ne s’en plaint pas. « Je n’arrête pas, mais j’apprends des tas de choses ! On est dans le même bateau que nos étudiants, sourit-il. On travaille beaucoup pour eux et ils nous le rendent bien ».


Laurène Champalle

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