La ministre de l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso va mieux encadrer les stages en entreprise afin d’éviter les abus par les employeurs. Elle souhaite également développer la possibilité d’effectuer des stages dans tous les cursus universitaires.

Développer les stages dans les cursus universitaires

Dans une interview publiée mercredi dans Libération, la ministre indique en effet que « le recours aux stages est […] très déséquilibré ». A l’université, ils ont principalement lieu en fin de cursus et beaucoup moins en premier cycle. C’est pourquoi Geneviève Fioraso souhaite « développer la possibilité d’effectuer des stages dans tous les cursus, et également plus tôt, dès la licence« . Pour cela, elle envisage de faire des stages « l’un des critères qualitatifs pour l’attribution des dotations d’Etat » dans les contrats quinquennaux avec les établissements. « Il faut un stimulant pour inciter les universités à développer les stages », estime-t-elle.

Limiter les abus par les entreprises

Pour éviter les recours abusifs par les employeurs, la ministre veut interdire les stages en dehors des cursus de formation. « Le stage doit être intégré dans la formation, avec laquelle il est complémentaire », souligne-t-elle, précisant qu’un « volume pédagogique minimal de formation » sera introduit dans les conventions de stage. Toujours pour limiter les abus, la ministre étudie la possibilité de fixer des plafonds au nombre de stagiaires employés dans les entreprises, déplorant que dans « certains secteurs, comme la publicité », il y ait « entre 10% et 15% de stagiaires ».

Enfin, Geneviève Fioraso souhaite limiter la durée des stages à 6 mois, une mesure prévue dans la loi Cherpion mais jamais appliquée faute de décret. « La moitié des mesures prises par Valérie Pécresse sur l’encadrement des stages est restée à l’état de vœu pieu, car il n’y a pas eu, derrière, les décrets d’application pour les mettre en œuvre », regrette la ministre, précisant qu’elle allait publier « les décrets nécessaires ».