Sciences Po Paris : la sélection du comité de recherche a les apparences du « Dîner de cons » (P. Fauconnier)

Dans le Nouvel Observateur, le journaliste Patrick Fauconnier décrypte l'élection de Frédéric Mion à la tête de Sciences Po Paris et compare la composition du trio choisi par le comité de recherche au "Dîner de cons".

Le journaliste Patrick Fauconnier décrypte dans le Nouvel Observateur les « secrets de l’élection de Frédéric Mion » à la tête de Sciences Po Paris. Pour lui, la composition du trio de candidats sélectionnés par le comité de recherche « avait toutes les apparences du ‘Dîner de cons' ».

Frédéric Mion favori de Jean-Claude Casanova ?

La short-list établie par le comité de recherche comportait les noms de Louis Vogel, ancien président de la Conférence des présidents d’université, de Frédéric Mion, secrétaire général de Canal+, et d’Andrew Wachtel, pré­sident de l’université amé­ri­caine d’Asie cen­trale. Mais selon Patrick Fauconnier, « il semblait y avoir un – voire deux – figurants juste destinés à masquer le fait que Jean-Claude Casanova, le président de la […] FNSP, qui a conduit toute cette procédure », souhaitait que Frédéric Mion soit élu.

Le journaliste trouve en effet étrange « qu’Andrew Wachtel ait été préféré par le Comité de sélection à trois candidats qui semblaient bien plus connaisseurs des arcanes de l’enseignement supérieur français : l’ancien recteur Jean-Michel Blanquer, l’économiste Jean Pisani-Ferry et l’universitaire Christine Musselin« .

Selon lui, Frédéric Mion, qui a postulé tardivement à la direction de Sciences Po Paris, serait « devenu illico la coqueluche de Casanova, avec ses brillants diplômes […], son appartenance à un grand corps prestigieux […] et sa vision d’un Sciences Po qui mériterait peu de changements« . Sarah Piovezan, de l’AEF, souligne que « Frédéric Mion incarne une forme de continuité, attestée par son projet de candidature, qui révèle sa forte proximité avec la défense développée par Jean-Claude Casanova dans les réponses de Sciences Po à la Cour des comptes« .

Frédéric Mion perçu par les enseignants comme plus souple que Jean-Michel Blanquer

Patrick Fauconnier explique également que l’élection de Frédéric Mion par le Conseil de direction, face à Jean-Michel Blanquer (« repêché » par les dirigeants après la démission de Louis Vogel), serait due au fait qu’il « est apparu à la dernière minute aux yeux de certains enseignants comme très manoeuvrable ». Un point de vue partagé par Sarah Piovezan, qui, après lecture d’un mail d’Olivier Borraz, directeur de recherche au CNRS ayant réclamé en novembre dernier le départ de Casanova, à ses collègues, indique que « les professeurs ont fait le pari qu’ils auraient un ascendant plus fort sur Frédéric Mion que sur son concurrent ».

Et la victoire écrasante de Mion lors du vote du Conseil d’administration de la FNSP  » justifie a posteriori les intuitions ressenties par les candidats qui ont retiré leur candidature […] : Jean-Claude Casanova avait mis tout le Conseil de la FNSP dans sa poche », estime Patrick Fauconnier.

Mais Sarah Piovezan relève que « la victoire de Frédéric Mion n’aurait certainement pas été possible sans un soutien tacite, si ce n’est actif, comme le prétendent certains observateurs, du gouvernement », qui « contrairement à la première procédure de recrutement« , n' »a cette fois-ci envoyé aucun signal indiquant une quelconque volonté d’intervenir ».

Source(s) :
  • tempsreel.nouvelobs.com, AEF

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